Les mots évoluent avec leur époque : avec près de 150 nouvelles entrées dans le Petit Larousse illustré 2027, l’édition 2027 consacre des termes déjà bien ancrés dans les usages, qu’ils viennent du langage courant, des pratiques de consommation, de la cuisine ou du débat public.
Ces mots que vous entendez partout entrent dans le Larousse 2027

« Dinguerie », « ma gâtée », « VSS », « chakchouka »… Ces mots ont en commun d’avoir déjà circulé bien avant leur entrée dans le dictionnaire. Mais la sélection 2027 ne se limite pas à ces exemples. Elle rassemble des termes issus de plusieurs univers — quotidien, environnement, consommation, gastronomie — qui témoignent d’évolutions concrètes dans la manière de parler, mais aussi de vivre.
Les mots du Larousse 2027 entre usage réel et décalage de compréhension
« Dinguerie » fait partie de ces mots immédiatement reconnaissables pour certains, beaucoup moins pour d’autres. Utilisé pour qualifier quelque chose d’impressionnant, d’excessif ou de spectaculaire, il s’emploie souvent dans un registre enthousiaste : un match, une performance ou une situation inattendue.
« Bader », dans un tout autre registre, renvoie à un état émotionnel négatif : se sentir mal, contrarié, déprimé. Le mot circule depuis plusieurs années, mais reste encore peu utilisé dans certains contextes plus formels.
Quant à « ma gâtée », son sens ne se résume pas à une simple formule affective. L’expression s’inscrit dans un registre de drague familière, souvent appuyée, parfois caricaturale. Popularisée par certaines figures médiatiques et amplifiée sur les réseaux sociaux, elle peut être employée au premier degré ou de manière ironique.
Comme le rapporte RTL, « ces mots reflètent l’évolution des usages et l’influence des jeunes générations ». Mais leur entrée dans le dictionnaire met aussi en évidence un décalage : un même mot peut être parfaitement compris dans certains cercles, et nécessiter une explication dans d’autres.
Cuisine importée : ces mots passés par l’assiette avant le dictionnaire
Le cas de « chakchouka » n’est pas isolé. Ce type de mot suit une trajectoire bien particulière : il apparaît d’abord dans les menus, les livres de cuisine ou les émissions culinaires, avant de s’imposer dans les conversations. Autrement dit, il est souvent utilisé — commandé, cuisiné, partagé — avant même d’être réellement défini.
« Chakchouka », plat à base de légumes mijotés et d’œufs, s’est ainsi diffusé par la pratique. Sa présence sur les cartes de restaurants ou dans les recettes en ligne a contribué à familiariser le terme, même auprès de personnes qui n’en maîtrisent pas forcément les ingrédients précis.
Selon RTL, « l’intégration de mots liés à la gastronomie étrangère traduit l’évolution des habitudes alimentaires ». Le cas de « chakchouka » n’est pas isolé. D’autres termes comme « houmous », « bobun » ou « ceviche » figurent déjà dans le dictionnaire, après avoir suivi un parcours similaire : d’abord présents dans les assiettes, puis dans les usages, avant d’être définis.
VSS : un acronyme utilisé, mais pas toujours explicité
Avec « VSS » (violences sexistes et sexuelles), le mécanisme est encore différent. L’acronyme est omniprésent dans les médias, les rapports officiels ou les communications publiques. Il est souvent reconnu visuellement, sans que son développement soit systématiquement rappelé.
RTL souligne que « l’apparition de ce type de termes montre l’ancrage des problématiques sociétales dans le langage courant ».
Ce type de vocabulaire suppose un niveau de familiarité avec les codes médiatiques. Pour une partie du public, la signification est évidente. Pour d’autres, elle reste approximative, voire inconnue. L’entrée de cet acronyme dans le dictionnaire correspond donc aussi à un besoin d’explicitation.
