Le Maroc a officiellement lancé le 31 octobre les opérations du terminal Est de Nador West Med, un nouveau pôle de transport maritime en Méditerranée. L’armateur français CMA CGM doit participer à l’exploitation du terminal Ouest, annoncé pour avril 2027 : un développement à suivre pour les échanges entre l’Europe et l’Afrique.
Au Maroc, Nador West Med franchit une étape décisive : le français CMA CGM attend son terminal en 2027

Le Maroc a franchi samedi 31 octobre une nouvelle étape dans le développement du port Nador West Med, sur sa façade méditerranéenne. Le prince héritier Moulay El Hassan a officiellement lancé les opérations du terminal à conteneurs Est, exploité par Marsa Maroc et une filiale de l’armateur MSC. Le complexe doit accueillir un second terminal, confié à un partenariat associant Marsa Maroc au groupe français CMA CGM, dont l’entrée en service est annoncée pour avril 2027.
Le projet intéresse directement les chaînes logistiques reliant l’Europe, le bassin méditerranéen et l’Afrique. Il renforce l’offre portuaire marocaine et donne à CMA CGM, armateur basé à Marseille, une place dans le futur dispositif de transbordement. Ses conséquences sur les tarifs ou les itinéraires commerciaux dépendront toutefois des lignes effectivement exploitées et des volumes traités.
Un lancement officiel le 31 octobre, après les premiers préparatifs commerciaux
Le terminal Est a été inauguré lors d’une cérémonie organisée à Iaâzzanène, dans la province de Nador. Le lancement des opérations a été annoncé le 31 octobre par l’agence de presse marocaine MAP, reprise par SNRT News. La cérémonie a notamment comporté une opération de déchargement d’un conteneur depuis un navire commercial.
Ce lancement institutionnel s’inscrit dans une montée en activité progressive. Le concessionnaire avait annoncé dès septembre être prêt à accueillir des navires, et TelQuel avait rapporté une première escale commerciale en septembre. La nouveauté du 31 octobre tient donc au lancement officiel des opérations du complexe, et non à la découverte de son premier navire.
Le terminal Est dispose de 1 520 mètres de quai, d’un tirant d’eau de 18 mètres et de 70 hectares de terre-pleins. Sa capacité annoncée à l’horizon 2030 est de 3,5 millions de conteneurs. Son exploitation et sa maintenance ont été concédées pour vingt-cinq ans au groupement Marsa Maroc–Terminal Investment Limited, filiale de MSC, pour un investissement d’environ 5 milliards de dirhams.
CMA CGM prépare le deuxième terminal, attendu en avril 2027
Le volet français du projet se situe à l’ouest du complexe. Le terminal Ouest, d’une capacité prévue de 1,8 million d’équivalents vingt pieds (EVP), doit être exploité par une coentreprise réunissant Marsa Maroc et CMA Terminals, filiale de CMA CGM. L’accord annoncé par CMA CGM le 24 octobre 2025 prévoit une répartition de 51 % pour l’opérateur marocain et de 49 % pour sa filiale.
Selon les informations communiquées le 31 octobre, ce deuxième terminal représente un investissement d’environ 3 milliards de dirhams et doit entrer en service en avril 2027. Les deux installations porteraient alors la capacité théorique totale à 5,3 millions de conteneurs. Cette capacité annoncée correspond à un objectif d'infrastructure, pas à un trafic déjà constaté.
Le complexe Nador West Med mobilise au total 54 milliards de dirhams d’investissements publics et privés, selon les autorités marocaines. Il comprend aussi des infrastructures industrielles et énergétiques, dont un terminal d’hydrocarbures annoncé pour 2027. Le volet gaz naturel liquéfié reste soumis à un calendrier distinct : TelQuel a documenté la suspension de la procédure de mise en concurrence de cette installation.
Un nouveau point d’appui dans les échanges entre l’Europe et l’Afrique
Le Maroc cherche à compléter le rôle de Tanger Med par un deuxième pôle méditerranéen capable d’attirer des escales et des activités industrielles. Les autorités ont présenté cette stratégie lors d’une réunion du Cabinet royal le 28 octobre, consacrée à Nador West Med et à l’extension de Tanger Med.
Pour les entreprises françaises, l’intérêt concret réside d’abord dans la participation de CMA CGM et dans l’évolution possible des dessertes maritimes. Les opérateurs logistiques pourront évaluer l’attractivité du nouveau port à mesure que les services commerciaux et les connexions terrestres seront déployés. Les volumes réels, les temps de transit et les prix du transport devront être observés avant de mesurer ses effets sur les importateurs et exportateurs européens.