La production pétrolière saoudienne s’effondre à 6,23 millions de barils par jour en août 2026, son plus bas niveau depuis 1990. Le baril de Brent franchit les 108 dollars, annonçant une hausse brutale du prix des carburants en France. L’OPEP peine à compenser les déficits saoudien et iranien, tandis que les tensions géopolitiques menacent de pousser le baril jusqu’à 119 dollars d’ici la fin de l’année.
Pétrole : l’Arabie Saoudite n’a jamais aussi peu produit depuis 1990

Le 11 septembre 2026, le prix du baril de Brent a dépassé les 108 dollars, un seuil inédit depuis mai. Cette hausse des cours est liée à une chute historique de la production saoudienne, tombée en août à 6,23 millions de barils par jour, son niveau le plus bas depuis 1990. En conséquence, les ménages français subissent une augmentation notable et durable du prix des carburants.
Impact de la baisse de la production saoudienne
La réduction brutale de la production de l'Arabie Saoudite, premier producteur de l'OPEP, affecte directement les stations-service françaises. En août 2026, le royaume a réduit sa production de 23% par rapport à juillet, soit une baisse de 1,9 million de barils par jour, modifiant ainsi radicalement l'équilibre mondial de l'offre.
Selon les données de l'OPEP, ce niveau de production marque un tournant historique, influencé par le conflit avec l'Iran et les attaques des Houthis yéménites sur les routes d'exportation. Les exportations de brut ont chuté à 3,1 millions de barils par jour, le plus bas depuis 2013. Pour respecter ses engagements, Riyad puise dans ses réserves, fournissant 7,12 millions de barils par jour, soit 900 000 barils de plus que sa production.
Aux États-Unis, le prix du diesel a atteint pour la première fois 6 dollars le gallon, soit environ 1,40 euro le litre, selon les données du 11 septembre. Cette flambée pourrait annoncer une inflation en Europe, augmentant les coûts pour les transporteurs routiers français, ce qui pourrait entraîner une hausse des prix alimentaires et des biens de consommation.
Avec un baril de Brent à 108,68 dollars et le West Texas Intermediate à 103,45 dollars, les prix à la pompe sont en augmentation. Les automobilistes français doivent s'attendre à une hausse de 10 à 15 centimes par litre d'essence sans plomb 95 et de diesel dans les semaines à venir. Pour un ménage parcourant 15 000 kilomètres par an, le coût du carburant pourrait augmenter de 200 à 300 euros annuellement. Cette situation pèse sur le pouvoir d'achat, d'autant que la BCE a relevé ses taux directeurs à 2,5%, rendant le crédit plus coûteux.
Limites de l'OPEP pour compenser les déficits
Malgré l'augmentation de la production totale de l'OPEP, qui a atteint 24,1 millions de barils par jour en août, cette hausse est insuffisante pour compenser les baisses saoudienne et iranienne. Selon les analyses de GuruFocus, d'autres pays membres ont partiellement compensé la baisse, mais le manque reste significatif. Les experts notent que la pression sur les exportations est une cause majeure de l'augmentation des prix, avec une prime géopolitique ajoutée en raison des contraintes saoudiennes.
L'Iran, également touché par la crise régionale, a réduit sa production de 399 000 barils par jour, atteignant 2,1 millions en août 2026. Les conflits avec les États-Unis et les sanctions ajoutent à la tension. En combinant les baisses de production saoudienne et iranienne, 2,3 millions de barils par jour disparaissent du marché mondial, soit l'équivalent de la consommation française. Ces pénuries expliquent pourquoi l'offre mondiale reste tendue malgré les efforts des autres producteurs.
Perspectives pour un retour à la normale des prix
Le retour à des prix de carburant plus bas inquiète autant les consommateurs que les décideurs économiques. Les prévisions à court terme demeurent pessimistes, surtout si le conflit régional s'aggrave.
Tony Sycamore, analyste chez IG, exprime son inquiétude quant à la possibilité que le WTI atteigne à nouveau les 119,48 dollars le baril d'ici fin 2026, un niveau pas vu depuis 2022. Pour les ménages français, cela pourrait signifier un prix de l'essence à 2,20 euros le litre ou plus. La prise de contrôle du port yéménite de Mocha par les Houthis le 11 septembre renforce les menaces sur le détroit de Bab el-Mandeb, essentiel pour le transport pétrolier. Tant que ces routes resteront sous pression, les prix du pétrole demeureront élevés. Un retour à des prix inférieurs à 80 dollars semble peu probable avant 2027, sauf accord diplomatique rapide entre l'Iran et les États-Unis.