Un satellite de la NASA va retomber sur Terre : faut-il s’inquiéter ?

Un satellite scientifique lancé il y a plus d’une décennie va bientôt revenir dans l’atmosphère terrestre. La NASA surveille de près la rentrée de l’une de ses anciennes sondes, dont certains débris pourraient atteindre le sol. Faut-il craindre d’être percuté par un fragment venu de l’espace ? Le risque zéro n’existe pas…

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 11 mars 2026 11h03
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Un satellite de la NASA va retomber sur Terre : faut-il s’inquiéter ? - © Economie Matin
71%71 % de la surface de la planète est recouverte d’eau

Le 10 mars 2026, un satellite de la NASA pourrait entamer son dernier voyage : celui de la rentrée atmosphérique. Après près de quatorze ans passés en orbite, la sonde Van Allen Probe A est sur le point de se désintégrer dans l’atmosphère terrestre. Ce retour inattendu attire l’attention du public, car une partie de l’engin spatial pourrait survivre à la traversée de l’atmosphère.

Le satellite, lancé en août 2012 dans le cadre d’une mission scientifique majeure, avait pour objectif d’étudier les ceintures de radiation entourant la Terre. Si l’événement reste relativement courant dans l’histoire spatiale, la question revient systématiquement : existe-t-il un risque réel pour la population ?

Le satellite Van Allen Probes de la NASA entame son retour dans l’atmosphère

Le satellite concerné fait partie de la mission Van Allen Probes, un programme scientifique de la NASA lancé il y a plus d’une décennie pour étudier les zones de radiation entourant la Terre. Ces régions, appelées ceintures de Van Allen, contiennent des particules extrêmement énergétiques capables d’endommager les satellites et les instruments spatiaux.

La mission a été lancée en août 2012 avec deux sondes identiques. Leur objectif était de mieux comprendre les phénomènes liés à la météo spatiale et à l’activité solaire. Selon la NASA, ces satellites ont permis de collecter des données inédites sur ces régions encore mal comprises. Un spécialiste de la mission, Sasha Ukhorskiy, explique au Scientific American que les résultats ont profondément transformé les connaissances scientifiques. « Les sondes Van Allen ont réécrit les manuels sur la physique des ceintures de radiation », a-t-il déclaré.

Initialement prévue pour deux ans, la mission s’est révélée particulièrement productive. Les deux satellites ont finalement fonctionné pendant environ sept ans avant d’être désactivés en 2019, faute de carburant pour maintenir correctement leur orientation dans l’espace, selon la NASA. Depuis cette date, les engins poursuivaient leur orbite autour de la Terre, progressivement freinés par la traînée atmosphérique. Ce phénomène, imperceptible à première vue, finit par faire descendre lentement les satellites vers l’atmosphère.

Un satellite de 600 kg qui pourrait produire des débris lors de sa désintégration

Le satellite qui s’apprête à rentrer dans l’atmosphère pèse environ 600 kilogrammes. Lorsqu’un objet spatial de cette taille traverse l’atmosphère à très grande vitesse, la chaleur générée par la friction provoque généralement sa destruction.

Dans la plupart des cas, le satellite se désintègre entièrement en altitude. Toutefois, certains composants plus résistants peuvent survivre au processus de rentrée. La NASA reconnaît cette possibilité. L’agence explique ainsi que « la majorité du vaisseau spatial devrait brûler lors de sa traversée de l’atmosphère, mais certains composants pourraient survivre à la rentrée ».

Les prévisions indiquent que la rentrée pourrait se produire autour du 10 mars 2026, avec une incertitude d’environ 24 heures selon Scientific American. Une telle marge est normale dans ce type de situation, car l’évolution de l’orbite dépend de nombreux paramètres comme la densité atmosphérique ou l’activité solaire.

Justement, cette dernière joue un rôle important dans la trajectoire finale du satellite. Une activité solaire plus intense que prévu a provoqué une expansion de l’atmosphère terrestre, ce qui a augmenté la traînée subie par l’engin spatial et accéléré sa descente vers la Terre.

Satellite et débris : quels risques réels pour la population ?

La perspective de débris tombant sur Terre peut sembler inquiétante. Pourtant, les agences spatiales assurent que la probabilité d’un accident reste extrêmement faible. Selon la NASA, la probabilité qu’une personne soit blessée par un fragment du satellite est d’environ une chance sur 4 200. 

Ce chiffre peut sembler élevé à première vue. Pourtant, il correspond à une estimation globale pour l’ensemble de la population mondiale. Dans la pratique, la probabilité qu’un individu précis soit touché reste infinitésimale. Environ 71 % de la surface de la planète est recouverte d’eau, ce qui signifie que la plupart des débris issus d’une rentrée atmosphérique tombent généralement dans l’océan.

Même si le risque est faible, la rentrée d’un satellite reste un événement suivi de près par les autorités spatiales. Les scientifiques surveillent en permanence la trajectoire de l’engin afin d’affiner les prévisions. La NASA travaille notamment avec la Space Force américaine pour suivre l’évolution de l’orbite du satellite. Les estimations sont régulièrement mises à jour à mesure que l’objet se rapproche de l’atmosphère. L’agence souligne d’ailleurs que ces prévisions continueront d’être ajustées jusqu’au dernier moment.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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