Pour sauver Alstom Belfort, Valls va acheter des trains (mais pas résoudre le problème)

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 4 octobre 2016 à 6h23
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30 MILLIONS €Le prix d'un TGV est d'environ 30 millions d'euros par rame.

La solution était simple : pour sauver l'usine de Belfort d'Alstom il fallait que son carnet de commandes soit rempli. Sans clients externes en provenance d'autres groupes de transports, ce sera l'Etat qui va commander des trains. Simple, rapide, efficace... mais coûteux. Dans une période de réduction des dépenses publiques et des déficits, pas sûr que l'achat de trains soit une solution que Bruxelles va apprécier...

L'Etat va sauver Alstom... en achetant des trains avec l'argent des impôts

Manuel Valls, le week-end du 1er octobre 20146, l'avait dit : "mardi (4 octobre 2016, ndlr) nous allons sauver Alstom". Ce jour est arrivé et la réunion prévue à 10 heures à la préfecture de Belfort devrait le confirmer. Le plan est simple : remplir le carnet de commandes du site, donc d'Alstom, afin que le groupe n'ait pas à se soucier d'une sous-production et donc de perdre de l'argent. Une solution, toutefois, simplement palliative qui ne résout pas le problème en lui-même mais ne fait que le reporter.

En attendant, l'Etat prévoit d'acheter 15 ou 16 rames TGV au prix d'environ 30 millions d'euros chacune. Soit quelques 450 millions d'euros pour des trains qui circuleront partout en France et notamment sur des lignes Intercités qui ne sont pas des lignes à grande vitesse. Ça plus les quelques 6 rames pour la future ligne Paris-Turin-Milan.

Au total, ces achats devraient représenter environ 2 ans d'activité pour le site dont la fermeture par Alstom avait été prévue pour 2018.

Au prochain gouvernement de se charger du reste

La solution paraît très stratégique : le site de Belfort pourrait être sauvé jusqu'en 2021. D'ici là, un nouveau gouvernement aura pris le relai et ce sera à lui de se charger de sauver (à nouveau) le site ou alors de le fermer. Mais François Hollande et son équipe ne pourront pas être tenus responsables, ce qui aurait fortement pesé sur la campagne présidentielle. Une solution qui revient, donc, à dire "aux autres de s'en occuper".

A moins que les autres idées, comme la transformation du site en centre européen de la maintenance ferroviaire, option dévoilée par Reuters, ou encore en centre de production de bus électriques ne puissent sauver la mise.

En attendant, les 400 salariés de Belfort auront du travail jusqu'en 2021... et on verra ensuite ce qu'il en sera...

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio