Assurance-vie : épargnants, attention, il y a une crise devant nous

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 13 mars 2020 à 6h10
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0,1%La Banque de France a baissé sa prévision de croissance pour le 1er trimestre 2020 à 0,1%.

Les contrats d’Assurance-vie en fonds euro ne rapportent plus rien, c’est une vérité depuis quelques années. Toutefois, ils sont stables et l’épargne est relativement garantie. À moins que la zone euro n’explose, les fonds placés dans les fonds euros vous resteront. Et si l’Europe explose, croyez-nous, les 20.000 euros de votre assurance-vie seront le cadet de vos soucis. Mais les assureurs ne le voient pas du même œil et, depuis quelque temps, veulent changer vos contrats.

Assurance-vie : attention à la prise de risque

Si les fonds en euros ne rapportent plus rien, près de 1% en 2019 et il faut encore payer les impôts dessus, difficile de perdre de l’argent avec. Mais les assureurs veulent de plus en plus que vous preniez des Unités de Compte (UC) : censées rapporter plus, elles sont également plus risquées car indexées sur la Bourse.

L’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) met en garde les assureurs et, surtout, les épargnants. Ces derniers doivent faire notamment attention aux frais de gestion qui sont prélevés : ils peuvent être très élevés… au point d’annuler, selon l’ACPR, « l'équivalent du rendement de plusieurs années ». C’est notamment le cas lorsque vous avez accepté de transformer une grande partie de votre fonds euros en UC.

L’ACPR demande aux professionnels d’être plus clairs sur les frais de gestion « y compris sur les risques inhérents aux contrats en unités de compte ».

Le coronavirus et la crise mondiale

Un autre danger pèse sur les épargnants : la crise du coronavirus qui devrait, de toute évidence, créer une crise boursière potentiellement similaire à celle de 2008, de l’aveu même de Christine Lagarde, présidente de la BCE.

Forcément, les Unités de Compte risquent d’en prendre un coup, leur valeur n’étant pas garantie. De quoi, à la fin de l’année 2020, créer quelques mauvaises surprises aux épargnants ayant tenté le diable et s’étant dits : « la Bourse et l’économie vont bien, il est l’heure de gagner un peu d’argent ».

Bon, ni les épargnants les plus avisés ni les assureurs ne pouvaient prévoir cette crise sanitaire mondiale. Mais le fait est qu’elle est bien là, et ses conséquences seront majeures.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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