Bouygues Telecom, le petit challenger, bientôt mangé par le gros Orange

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Publié le 4 janvier 2016 à 7h43
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15%Bouygues pourrait devenir actionnaire d'Orange à hauteur de 15% à la suite de la fusion.

Cette année 2016 va probablement être marquée par un gros changement dans le secteur des télécoms : depuis des mois les rumeurs concernant un possible rachat de Bouygues Telecom par l'opérateur historique Orange vont de bon train sans pour autant qu'une confirmation ne parvienne d'une des deux parties. Mais le Journal du Dimanche semble savoir qu'un accord a bien été trouvé.

Orange veut manger Bouygues mais pas TF1

Le premier à avoir lancé la rumeur d'un possible retour à trois opérateurs (car c'est l'effet direct de ce rachat s'il se réalise) sur le marché des télécoms en France a été Bloomberg. Depuis, les informations se suivent et se contredisent. Dernière en date, fin 2015, l'intérêt possible d'Orange pour la chaîne TF1.

Finalement le Journal du Dimanche dévoile ce dimanche 3 janvier 2016 que TF1 n'intéresserait pas Orange (et donc pas l'Etat puisque ce dernier en est actionnaire à 26,94 %). Seul l'opérateur de Martin Bouygues, qui peut se vanter d'avoir le réseau 4G le plus déployé en France, serait dans le collimateur de l'opérateur historique. Le JDD annonce qu'un accord de confidentialité aurait été signé fin décembre 2015 et que plusieurs réunions sont d'ores-et-déjà prévues entre les deux groupes.

Bouygues actionnaire d'Orange ?

Les détails de l'opération ne sont bien évidemment pas encore fixés mais selon le JDD Bouygues Télécom serait ainsi valorisée près de 10 milliards d'euros soit... la somme que Patrick Drahi et son holding luxembourgeoise Altice avaient mise sur la table pour racheter l'opérateur en 2015. L'offre avait alors été refusée par Bouygues.

Le JDD pense savoir que l'opération entraînerait, entre autres, une prise de participation de Bouygues Telecom dans Orange à hauteur de 15 %. Une participation inférieure à celle de l'Etat. Orange, de son côté, s'engagerait à ne pas licencier et à intégrer à ses équipes l'intégralité des salariés de Bouygues. Difficile, en effet, pour l'Etat, de justifier un plan de licenciements alors que le chômage est la priorité du gouvernement.

Reste en suspens la question des fréquences : pour se plier à l'Autorité de la Concurrence, qui aura sans doute son mot à dire sur cette opération, Orange va devoir céder des fréquences à Free ou SFR afin de garantir le principe de libre concurrence en France... ainsi que des actifs.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio