La Bretagne en pleine révolte fiscale contre l’écotaxe

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Par Laure De Charette Modifié le 28 octobre 2013 à 6h14

Les Bretons vent debout. Les agriculteurs, les chargeurs, les transporteurs de l'ouest de la France ont fait savoir leur opposition à l'écotaxe ce week-end, par des actions chocs sur les routes, allant jusqu'à l'affrontement musclé avec les forces de l'ordre.

Ecotaxe : quel impact sur les entreprises bretonnes ?

Ils ne veulent pas de cette nouvelle taxe, issue du Grenelle de l'Environnement, qui doit frapper à partir de janvier 2014 les poids lourds (de plus de 3,5 tonnes qui circulent sur plus de 15 000 km d'axes hors autoroutes à péage) pour chaque kilomètre parcouru (entre 13 et 17 centimes du kilomètre selon les régions).

Le député socialiste du Finistère a même demandé à ce que le projet soit ajourné, le temps d'évaluer son impcat sur l'économie bretonne.

Pourquoi cette région se rebelle-t-elle à ce point contre l'écotaxe ? Car la Bretagne est une des principales régions agricoles, qu'elle exporte dans l'Hexagone et dans toute l'Europe ses produits, et qu'elle verra une bonne partie des poids lourds transportant ses marchandises systématiquement taxés.

Pourtant, des concessions ont déjà été accordées à cette région : l'Etat a validé une réduction de 50% du montant de cette écotaxe en Bretagne et exclu du réseau taxé la route nationale 164 qui est l'axe vital de la région pour le secteur agroalimentaire. En outre, les véhicules agricoles et ceux affectés à la collecte de lait, très répandue dans l'ouest, seront exonérés de cette taxe.

Jean-Marc Ayrault a assuré mi-octobre que ce dossier serait "traité avec la plus grande attention" au motif que "la Bretagne est une région périphérique, où les distances pèsent plus lourd qu'ailleurs".

Objectif : faire payer les 25% de poids lours étrangers circulant en France

D'après ses opposants, l'écotaxe alourdirait le prix du transport de 5% à 10%. Dès lors, ce nouvel impôt leur ferait perdre encore davantage de compétitivité et conduirait à des suppressions d'emploi. Mais le ministère des Transports rétorque que le coût du transport ne représente que 10% maximum du prix acquitté par le consommateur.

Rappelons qu'à l'origine, l'objectif de la taxe est de faire désormais payer tous les poids lourds qui empruntent les routes de France, y compris les 25% de véhicules étrangers qui aujourd'hui circulent chez nous sans payer l'actuelle taxe à l'essieu !

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Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique. Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.

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