Brexit : Les banques anglaises intéressées par Paris selon l’AMF

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 8 décembre 2016 à 9h01
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20%L'impôt sur les sociétés au Roayume-Uni est de 20 % contre 33 % en France.

Si le Brexit n’a pas encore officiellement eu lieu, Theresa May n’ayant pas encore fait appel à l’article 50 du traité de Lisbonne, les banques s’y préparent. Dans un entretien accordé à Newsnight le secrétaire général de l’AMF, Benoît de Juvigny, a dévoilé que le processus de transfert des banques londoniennes vers la capitale française est une réalité alors qu’il n’était qu’une rumeur.

La « due diligence » demandée par plusieurs banques

Le terme « due diligence », dans le monde des affaires, dénomme un processus selon lequel une entreprise réalise les contrôles et vérifications en cas de transaction supposée, que ce soit une fusion, une acquisition ou un investissement. Loin d’être un contrôle de routine, la due diligence est un processus cher réalisé par des cabinets spécialisés : une entreprise, surtout une banque, ne va pas en lancée une pour le plaisir.

Benoît de Juvigny, secrétaire général de l’AMF, a déclaré que plusieurs établissements bancaires ont mené ce processus en vue d’un déménagement dans la capitale française pour y établir une filiale voir leur siège social. De quoi confirmer la rumeur qui prête aux géants britanniques la volonté de fuir la City de Londres à cause du Brexit et malgré l’annonce d’une baisse de l’impôt sur les sociétés de 20 % à 15 % au Royaume-Uni.

Paris mais également les autres capitales européennes concernées

Outre les banques, plusieurs multinationales auraient également fait des demandes informelles d’informations à l’AMF pour une installation dans la capitale française. Et la rumeur prête aux géants britanniques ce même type de processus dans presque toutes les principales capitales économiques d’Europe comme Francfort, Dublin, Luxembourg ou encore Amsterdam. Un choix dicté par les indices boursiers, bien évidemment, ou par une fiscalité avantageuse comme c’est le cas pour Dublin et le Luxembourg.

S’il n’est pas question ici, comme c’est le cas pour les géants américains, d’optimisation fiscale via le « double irlandais », les banques et les entreprises veulent continuer de pouvoir profiter du marché unique de l’Union Européenne duquel le Royaume-Uni sera exclu dès lors que le Brexit aura eu lieu, ce qui ne devrait pas arriver avant la mi-2019 dans le meilleur des cas : il faut 2 ans minimum après avoir fait appel à l’article 50 du traité de Lisbonne pour qu’un pays sorte effectivement de l’Union Européenne.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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