Carlos Ghosn : Interpol demande son arrestation

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 3 janvier 2020 à 12h15
Carlos Ghosn Proces Tokyo 1
13 MILLIONS €En 2018, Carlos Ghosn a touché un salaire de 13 millions d'euros.

La génération qui a grandi avec les mangas japonais le sait : le Japon est membre d’Interpol. Le commissaire Zenigata, qui pourchasse Lupin III partout dans le monde, incarne cette instance supra-nationale des polices du monde entier. Si on n’est pas en train de comparer Carlos Ghosn à Lupin III, ils ont désormais un point commun : une « notice rouge » d’Interpol. Elle a été transmise au Liban.

Carlos Ghosn désormais fugitif pour Interpol

La fuite rocambolesque de Carlos Ghosn est désormais une affaire internationale : Interpol a émis à son encontre une « notice rouge » signifiant qu’elle demande son arrestation. En effet, contrairement à ce qui est communément supposé, Interpol n’émet pas de « mandats d’arrêt » à proprement parler : les « notices rouges » sont des avis de recherche et d’arrestation en vue d’une extradition. Mais le Liban n’a pas d’accord d’extradition avec le Japon, ce qui explique également pourquoi l’homme d’affaires a fui dans son pays natal.

Une arrestation de Carlos Ghosn en vue d’une extradition vers le Japon est d’autant plus invraisemblable que le pays soutien l’ancien PDG de Renault est a confirmé que ce dernier est entré « légalement » au Liban. Selon les informations données par le Japon sur la fuite de Carlos Ghosn, ce dernier aurait eu un double de son passeport français.

La France annonce qu’elle n’extradera pas Carlos Ghosn

L’émission de la « notice rouge » complique, toutefois, la position française au sujet de l’homme d’affaires : le 2 janvier 2020, interrogée par Jean-Jacques Bourdin sur la fuite du PDG de Renault, Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État à l’Économie, a déclaré que « La France n’extrade jamais ses nationaux ». L’Hexagone n’aurait toutefois pas intérêt à se mettre à dos Interpol… dont le siège se trouve à Lyon.

Néanmoins, la secrétaire d’État ne fait qu’expliquer la loi en vigueur : l’article 696-4 du Code pénal stipule en effet que l’extradition n’est pas accordée « Lorsque la personne réclamée a la nationalité française, cette dernière étant appréciée à l'époque de l'infraction pour laquelle l'extradition est requise ».

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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