Quel avenir pour les championnats sportifs européens ?

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Par Marie-Eve Jamin Publié le 26 août 2022 à 15h42
Crise Economique Sport Professionnel Foot
20%Les audiences des audiences des championnats sportifs européens n'ont pas dépassé les 20%.

Les championnats sportifs européens se sont déroulés du 11 au 21 août 2022, à Munich. Une deuxième édition plutôt bonne en termes de résultats pour les Français, mais pas vraiment pour les audiences.

Les championnats sportifs européens ont mis vingt ans à se mettre en place. La première édition a eu lieu dans deux villes hôtes : à Glasgow et Berlin en 2018. C’est donc la première fois qu’elle se déroule dans une seule ville, Munich, du 11 au 21 août 2022. Cette compétition multisports réunit 4700 sportifs dont 250 Français. Et 9 disciplines au total sont représentées parmi lesquelles : athlétisme, cyclisme sur piste, BMX, escalade, triathlon. Et ce championnat a été plutôt bien retransmis par France Télévisions qui a diffusé sur France 2 ou France 3 : un bon dispositif qui offre une bonne visibilité à la compétition.

Des audiences moyennes portées par l'athlétisme

Pourtant, les audiences ont été assez moyennes : 12 à 13% part de marché en prime time. La période pourrait expliquer ce manque de téléspectateurs, mais ces audiences sont loin de celles des Jeux Olympiques d'été diffusés également au mois d'août. Et surtout ces audiences sont portées par des nocturnes d’athlétisme, qui reste le sport majeur de cette compétition. Mais malgré tout elles restent plutôt moyennes pour ce genre de compétitions sportives . Une explication à ces audiences : en athlétisme ces championnats d’Europe se déroulent derrière les championnats du monde (à seulement un mois d’écart) et on le sait l’intérêt est toujours moindre pour des compétitions continentales.

La France quatrième au bilan final

La France est quatrième du classement avec 50 médailles dont 11 en or, juste derrière l'Italie (51 médailles dont 14 en or) et loin devant la Hongrie, cinquième (23 médailles dont 11 en or). Les Français ont eu de bons résultats dans l'ensemble, meilleurs et surtout rassurant pour les JO de 2024, en athlétisme notamment où l’équipe de France a obtenu 9 médailles. Un bilan bien meilleur que celui des Mondiaux où les Bleus n'avaient décroché qu'une seule médaille. Alors certes elle est en or (Kevin Mayer en décathlon) mais une seule médaille cela est bien insuffisant pour une nation comme la France. Après les Mondiaux, la France était inquiète pour les JO de Paris 2024, les résultats de ces championnats européens ont donc tendance à rassurer tout le monde.

L'athlétisme rêve d'indépendance

Malgré une bonne dynamique générale, la compétition connaît déjà des couacs car l’athlétisme veut son indépendance et, ce, pour 2026. L'athlétisme tire l’événement vers le haut et donne de la visibilité aux autres sports : triathlon, aviron, escalade. Pour les autres, c'est une bonne chose. En effet, à part les initiés, peu regardent les compétitions d’aviron hors JO. La Fédération d’athlétisme, elle, sait qu’elle tirerait davantage d’argent seule, alors que les autres fédérations sont persuadées qu’en étant seules elles y perdraient. Et pour cause, l’athlétisme a pour énorme avantage d'être une discipline qui est déjà multisports donc peut avoir sa propre compétition.

Des Jeux de l’Union européenne ?

Quelle pourrait être la solution pour maintenir une compétition multisports avec l’athlétisme ? On pourrait s’appuyer sur ce qui existe déjà comme les Jeux du Commonwealth ou leurs pendants les Jeux de la Francophonie. Les Jeux du Commonwealth sont un vrai succès populaire et rapportent énormément à leurs organisateurs : les revenus liés à la vente de tickets s’élèvent à 34 milllions d’euros en 2014 à Glasgow. Pourquoi ne pas créer des JO européens ? Un vrai événement pour les jeunes comme le Tour de l’avenir en cyclisme. Enfin, on se demande pourquoi l'Union européenne ne saute pas sur l’occasion pour renforcer l’identité européenne.

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Journaliste depuis dix ans, j'essaie de transmettre ma passion pour l'actualité au quotidien. Je fais le grand écart entre football et littérature jeunesse.