Crédit d’impôts : une mesure déconnectée de la réalité

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Par Nicolas Kourim Modifié le 27 novembre 2012 à 5h53

En France, nous avons un immense atout : nous avons beaucoup de bonnes têtes avec des logiciels qui tournent très vite. Mais nous avons également un grand handicap : c’est d’avoir… beaucoup de bonnes têtes avec des logiciels qui tournent très vite !

Nos élites sortent des meilleurs systèmes d’éducation, théoriques, et savent développer des logiques implacables. Mais elles sont déconnectées du terrain qu’elles ne fréquentent et ne comprennent pas. Nous faisons tout avec la tête. Et nous sommes mauvais quand il s’agit de faire quelque chose sur le terrain, contrairement à nos amis allemands, champions de la mise en œuvre des décisions et de l’implantation des projets. Si seulement nous pouvions opérer un mariage entre les approches des deux côtés du Rhin ! Alors nous ferions un vrai bond en avant.

Le crédit d’impôt s’inscrit dans cette même approche bien française. Pensé de bonne foi par un membre de l’élite, le concept est intéressant sur le papier, mais va s’avérer moins efficace sur le terrain. Pourquoi ? L’avenir de notre économie ne repose pas sur les grandes entreprises qui auront les ressources pour solliciter un crédit d’impôt et surtout pour attendre l’échéance de son vrai impact. La colonne vertébrale de notre avenir, ce sont les PME, mais aussi les TPE et surtout les start-ups : petits acteurs qui n’ont pas la puissance de faire parler d’eux et qui ne peuvent pas utiliser des mesures qui ne sont pas suffisamment simples (un seul formulaire) ou pragmatiques (impact direct et immédiat dans la compétitivité).

Pour une petite entreprise, la crise veut dire avant tout l’incertitude du lendemain : traverser un problème de trésorerie ou de rentabilité à court terme, investir dans des offres nouvelles, ouvrir des marchés, adapter les compétences et ressources, sauver les emplois, etc. Ce ne sont pas des grandes mesures décalées, mais de petites dispositions très axées sur la pratique qui peuvent permettre à des petites entités de survivre et de croître. Essentiellement, il s’agit des apports de l’argent et des liquidités ainsi que de la transmission de compétences pratiques pour grandir.

Encore que pour cela il faudrait aller sur le terrain et avoir le courage de faire de petites choses, certes, mais avec un impact potentiel fort...

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Nicolas Kourim est le Président-Fondateur de Big Fish et affiche un parcours international en France, Allemagne et aux Etats-Unis; démarrage comme Acheteur, Manager Achats, Directeur Achats Groupe, suivi de 8 ans comme DG/PDG d’entreprises internationales et de 9 ans de mise en place d’organisations Achats modernes. Il possède une expérience mixte entre grands groupes et start-ups. Nicolas est Coach et Animateur dans la Transformation des entreprises en écosystèmes compétitifs, autour d’un modèle entrepreneurial et collaboratif. Il est également co-auteur de plusieurs ouvrages sur les Hommes dans les Achats.

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