La croissance du commerce mondial pourrait être amputée de moitié en 2022

25 %
En 2019, la Russie et l'Ukraine satisfaisaient, à travers leurs
exportations, 25% de la demande mondiale de blé.

Guerre russo-ukrainienne oblige, le commerce mondial va sans aucun doute ralentir en 2022. D’après les dernières prévisions de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le PIB mondial devrait croître en 2022 de 2,4% à 3% seulement, contre les 4,7% estimés en octobre 2022.

En plus des hydrocarbures, la Russie exporte des denrées alimentaires

Le volume du commerce mondial croît tous les ans. En 2022, à cause de la guerre en Ukraine, le rythme de croissance sera bien évidemment moins élevé. Il devrait connaître une contraction de 0,7 - 1,3 point, la croissance sera ainsi comprise entre 3,1% et 3,7%. Dans le pire des scénarios, la croissance du commerce mondial sera comprise entre 2,4% et 3%, anticipe l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dans une note publiée le 11 avril 2022.

À travers le monde, les composants et produits habituellement importés de Russie et d’Ukraine devraient devenir plus chers. En 2019, à elles deux, la Russie et l’Ukraine satisfaisaient, à travers leurs exportations, 25% de la demande mondiale de blé, 15% de la demande mondiale d’orge et 45% de celle d’huile de tournesol. La même année, la Russie avait une part de marché de 9,4% sur le marché mondial des carburants. Concernant le gaz, ce pourcentage se montait même à 20%.

Certains pays africains sont très dépendants des exportations russes

La Russie était en plus l’un des principaux fournisseurs mondiaux de palladium et de rhodium, des composants clés de catalyseurs automobiles. En 2019, la Russie avait ainsi assuré 26% des importations mondiales de palladium. L’Ukraine, quant à elle, était un grand fournisseur de néon, un gaz essentiel pour la fabrication de semi-conducteurs.

Les régions du monde qui devraient souffrir le plus de l’instabilité des livraisons, en provenance de ces deux pays, sont l’Afrique et le Moyen-Orient, puisqu’ils importent la moitié de leur blé d’Ukraine et de Russie. Au total, 35% des pays d’Afrique importent des denrées alimentaires en provenance de Russie et 22% importent des fertilisants d’Ukraine ou de Russie. L’OMC prévoit que certains pays d’Afrique subsaharienne connaissent des hausses de prix de 50%-85% suite à l’arrêt des exportations en provenance de Russie.


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