Zone euro : et voici venue l’heure de la déflation !

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 25 septembre 2020 à 14h02
France Inflation Negative Insee Prix Chiffres Deflation Janvier 2015
0,1%Les prix en France ont baissé de 0,1% en août 2020.

Vous pensiez avoir tout vu concernant la crise économique liée à la pandémie de Covid-19 ? Détrompez-vous : après l’annonce massive d’une récession généralisée en Zone euro, la France table sur une chute du PIB de 11% en 2020 et les autres pays européens ne sont pas en reste, voilà que la Zone euro est entrée dans une période de déflation. Et oui, ce n’est pas une bonne nouvelle.

L’évolution des prix chute en territoire négatif

La déflation, c’est lorsque les prix à la consommation baissent au lieu de monter. Certes, sur le papier ça paraît positif, vivre coûte moins cher et donc on fait des économies, mais pour l’économie en général c’est catastrophique. Les ménages achètent moins, espérant que les prix chutent encore, ce qui réduit le chiffre d’affaires et les bénéfices des entreprises ; et ces dernières se retrouvent dans l’incapacité d’investir ou d’embaucher…

Pour éviter cet engrenage qui complique l’économie, la BCE a fixé un taux d’inflation (donc de hausse des prix) de 2% en moyenne comme taux d'inflation « stable », niveau que l’inflation n’a jamais atteint par ailleurs. Et la crise de la Covid-19 aura douché les espoir de l’atteindre dans les années à venir puisque les prix ont tout simplement chuté au mois d’août 2020… pour la première fois depuis 2016.

La déflation en ordre dispersé en Europe

Selon les données publiées par Eurostat, l’institut de statistiques européen, le 1er septembre 2020, en août 2020 les prix ont baissé de 0,2% sur un an. Hors produits volatils, tels que les carburants, soit ce qu’on appelle « l’inflation sous-jacente »,les prix ont malgré tout augmenté de 0,4% en Zone euro… mais en juillet 2020 cette hausse avait été de 1,2% sur un an (le même mois, l’inflation avait été de 0,4% sur un an produits volatils compris). La baisse des prix est donc bien présente.

Tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne : la France s’en sort plutôt bien, avec une baisse des prix de 0,1%, tandis que l’Italie et la Belgique connaissent la déflation la plus importante, 1,3% et 1,5%.

Les Européens ne veulent pas consommer

L’annonce de cette déflation est critique : elle douche l’espoir d’une reprise économique rapide car elle montre que les Européens sont frileux à consommer, alors qu’une période d’incertitude économique majeure se profile à l’horizon, avec la pire crise économique depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale qui ne fait que commencer.

Or, les politiques publiques visent à inciter la consommation : le gouvernement français a sauvegardé les revenus des ménages durant le confinement dans ce but précis, et ne cesse de demander que les milliards d’euros mis de côté soient dépensés. Mais les citoyens sont inquiets… et ne semblent pas vouloir suivre ce mot d’ordre.

Cette illustration a été réalisée par Your-Comics, agence graphisme Paris

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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