Des voitures aux WANs autonomes

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Par David Hughes Publié le 17 avril 2017 à 5h00
Voiture Autonome Informatique Google
2,25 millionsGoogle a déjà parcouru 2,25 millions de kilomètres en voiture autonome.

Les véhicules dits autonomes, sans conducteur ou robotiques, sont en train de devenir une réalité. En effet, la voiture autonome de Google fait du bruit sur le marché avec son Intelligence Artificielle (IA) permettant à ces voitures particulières d'interpréter la manière de conduire des humains.

Même si les voitures autonomes ont encore du chemin à parcourir, l’IA impacte déjà de manière significative la gestion de l’IT dans les entreprises. Les organisations technologiques font la transition vers l'automatisation, où l'apprentissage machine, ou « machine learning », et l'IA permettront bientôt de construire un réseau WAN étendu autonome.

Les entreprises se tournent déjà vers des solutions de Software-Defined WAN (SD-WAN) pour connecter les employés de manière constante et sécurisée aux applications – que celles-ci se trouvent dans un Datacenter ou dans le cloud. L’automatisation joue un rôle essentiel dans les offres SD-WAN actuelles en ce sens qu’elle élimine les étapes manuelles, à la fois répétitives et banales, requises pour configurer et connecter les bureaux distants à leurs succursales.

Cependant, l’automatisation a ses limites ; elle ne suffit pas pour traduire des règles ou des objectifs commerciaux de haut niveau en actions spécifiques à travers le réseau. Elle ne permet pas non plus de gérer les innombrables situations inattendues qui surviennent lors de déploiements de réseaux WAN. Des domaines dans lesquels le machine learning et l’AI peuvent en revanche intervenir !

Observer ce qu’il se passe avec les voitures autonomes est ainsi très instructif. Chacune d’entre elles possède des centaines de capteurs qui collectent des données permettant de construire un modèle en temps réel de l’environnement dans lequel se trouve le véhicule. L’intelligence artificielle est appliquée pour déterminer la manière dont la voiture devrait réagir à tout moment. De plus, une combinaison de boucles de contrôle classiques et d’algorithmes de machine learning plus récents permettent d’atteindre un objectif de haut niveau : mener la voiture d’un point A à un point B en toute sécurité. En outre, la plupart des implémentations effectuées autour de l’intelligence du véhicule viennent compléter une connaissance plus générale au niveau de la flotte.

En effet, chaque voiture fournit des informations centralisées dans un référentiel de données, où les connaissances précieuses acquises sur l’ensemble des véhicules de la flotte sont ensuite agrégées et appliquées. Elles permettent ainsi d’établir des cartographies complètes et pertinentes. L’identification d’anomalies est ensuite facilitée, de même que la réduction des faux-positifs. Enfin, et surtout, l’analyse des flottes permet de suivre et d’améliorer les performances logicielles des véhicules. Le WAN automatisé tient lui aussi compte de cet ensemble de connaissances au niveau du matériel réseau et de l’entreprise.

Pour aller plus loin dans l’analogie de la voiture autonome, il est intéressant de regarder de plus près ce qu’a fait Google avec ses voitures Waymo : tous les contrôles manuels ont été retirés à l’exception du bouton d’arrêt d’urgence, et du volant rajouté par Google sur insistance du Département californien des Véhicules Motorisés (California DMV). Tout comme pour le WAN autonome, l’interface principale d’une voiture autonome vise des objectifs précis : transporter les passagers de manière sécurisée jusqu’à la destination finale via la route la plus efficace/pertinente.

Ainsi, au lieu de devoir ingérer une soupe indigeste de protocoles et d’interfaces en ligne de commande (CLI), appliquées consécutivement à chaque appareil, le WAN sera davantage géré par les règles commerciales de haut niveau. L’administrateur réseau pourra alors se concentrer davantage sur le service que le réseau doit délivrer et son impact sur l’activité de l’entreprise, plutôt que sur son fonctionnement. L’automatisation n’est donc que le commencement pour le SD-WAN. L'avenir apportera de nouvelles façons passionnantes de traduire plus efficacement les besoins et les objectifs de l'entreprise en actions – avec un WAN autonome indépendant et évolutif.

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David Hughes, Fondateur et PDG de Silver Peak

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