Tchernobyl, l’autruche et Ebola

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Par Ludovic Grangeon Publié le 2 octobre 2014 à 2h57

Le premier cas de fièvre Ebola vient de se déclarer en dehors de l'Afrique au Texas. Mais nous sommes rassurés. Nos autorités nous ont expliqué que notre système de santé était « performant ».

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) suit régulièrement les performances des systèmes de santé. Si la France se situe effectivement parmi les meilleurs pays en termes généraux d'accès aux soins, elle est par contre en faiblesse sur le niveau et la distribution de la réactivité. L'affirmation des autorités est donc inappropriée puisque c'est justement la qualité qui nous manque en cas d'épisode sanitaire grave.

Il s'agit là encore d'un de ces maux français qui nous fait perdre des milliards pour économiser quelques centaines de milliers d'euros de prévention. Vous ne me croyez pas ? Alors voici une liste qui va vous rappeler des souvenirs.

Il y a beaucoup de malades du cancer de la thyroïde qui ne rigolent pas du tout en se souvenant que le nuage de Tchernobyl s'était « arrêté » à Strasbourg. Non seulement l'information permettant aux personnes de se protéger n'a jamais été diffusée, mais aucun plan de détection n'a été mis en place par la suite.

Plus près de nous, le désastre de la vaccination contre la grippe aviaire et porcine H1N1 a couté plusieurs milliards à la France avec une inefficacité digne de la ligne Maginot. Madame Bachelot en a été incitée à continuer à amuser la galerie dans les médias, tellement elle s'était ridiculisée. Ce désastre a encore augmenté la fortune de Donald Rumsfeld, ancien ministre américain de la défense et Président de Gilead, qui distribue le Tamiflu.... Le domaine de l'amiante, du sang contaminé, des maladies nosocomiales, de la catastrophe de la mise en service de l'Hôpital Pompidou, des irradiations accidentelles, etc... etc... sont tous là pour montrer que la France peut encore faire de gros progrès en matière de réactivité sanitaire.

Nos autorités peuvent-elles comprendre que les principaux gisements d'économies sont dans la prévention ? Des instituts régionaux de santé avaient mis en place des bilans préventifs de santé à l'occasion de la visite médicale annuelle du personnel des entreprises. Les économies par dépistage précoce permettaient d'économiser par an plusieurs milliards de dépenses de santé, d'éviter de nombreux décès précoces, de permettre une diminution substantielle de l'absentéisme de longue durée. Ces initiatives ont longtemps été mal perçues car elles empiétaient sur le domaine de la sécurité sociale, sur le chiffre d'affaires des praticiens de santé, sur le budget des hôpitaux... Faut-il ajouter un commentaire ?....

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Ludovic Grangeon a été partenaire de plusieurs réseaux d’expertise en management et innovation sociale de l'entreprise. Il milite à présent pour le développement local et l’équilibre des territoires au sein de différentes associations. Il a créé en grande école et auprès des universités  plusieurs axes d’étude, de recherche et d’action dans le domaine de l’économie sociale, de la stratégie d’entreprise et des nouvelles technologies. Il a également été chef de mission et président de groupe de travail de normalisation au sein du comité stratégique national Afnor management et services. Il a participé régulièrement aux Journées nationales de l’Economie, intervenant et animateur. Son activité professionnelle a été exercée dans l'aménagement du territoire, les collectivités locales, en France et auprès de gouvernements étrangers, à la Caisse des Dépôts et Consignations, dans le capital risque, l’énergie, les systèmes d’information, la protection sociale et la retraite.

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