Ebola : derrière le drame humain plane l’ombre du désastre économique

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Publié le 8 octobre 2014 à 11h38

Si Ebola est un problème avant tout humanitaire, le virus ayant déjà contaminé plus de 7000 personnes et fait plus de 3 400 morts, le risque pour l'Afrique de l'ouest, la région la plus touchée par l'épidémie, est également économique. Selon un rapport de la Banque Mondiale rendu publique ce mercredi 8 octobre 2014, la perte économique pour cette région du globe se chiffrerait à des dizaines de milliards de dollars.

La Banque Mondiale a prévu deux scénarios liés à l'expansion de l'épidémie.

Le scénario le plus optimiste prévoit 3 milliards de dollars de pertes

Le premier scénario prévu par la Banque Mondiale dans ce rapport prévoit que l'épidémie reste cantonnée aux trois pays touchés : la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone. C'est le scénario le plus optimiste.

Dans ce cas, les pertes économiques pour l'Afrique de l'ouest seraient limitées : 3,8 milliards de dollars avant fin 2015. Mais c'est le scénario le plus pessimiste qui fait réellement peur... autant en termes économiques qu'humains.

Le scénario catastrophe

La Banque Mondiale a toutefois prévu également la possibilité que le virus se répande au-delà des frontières de ces trois pays... avec des conséquences désastreuses pour l'économie de l'Afrique de l'ouest. Au bas mot, les pertes se chiffreraient à 7,4 milliards de dollars pour 2014 et 25,2 milliards de dollars en 2015... soit près de 32 milliards de dollars.

Dans ce scénario, Ebola toucherait également le Ghana, le Nigeria et le Sénégal, faisant largement augmenter le nombre décès et contaminations.

Selon le Centre de Contrôle et de Prévention des Maladies américains, qui a rendu publique un rapport en septembre 2014, si Ebola n'est pas stoppé rapidement le virus pourrait toucher 1,4 millions de personnes et faire 700 000 morts avant janvier 2015 dans les trois pays les plus touchés d'Afrique.

La Banque Mondiale est toutefois moins pessimiste estimant à 200 000 les cas d'Ebola confirmés et à 100 000 les décès d'ici fin 2015.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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