Impôts : Etes-vous plutôt prélèvement à la source, ou TVA à 23 % ?

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Par Jean-Baptiste Giraud Publié le 4 février 2014 à 9h00

En 2013, les nouveaux impôts et taxes décidés l'année précédente, ou modifiés en cours d'année, auraient dû rapporter 30 milliards d'euros supplémentaires, par rapport au montant collecté en 2012...

Mais voilà qu'à l'heure du bilan (encore provisoire) il en manque, à la louche, un bon tiers. Et encore n'est ce qu'une prévision parcellaire, et il n'y a pas besoin d'être devin pour se douter que les chiffres définitifs ne bénéficeront pas d'une "exposition médiatique" maximum.

Au dernier pointage, il manquait près de 12 milliards en 2013, dont 5,6 milliards de TVA collectée en moins par rapport aux prévisions ou encore -3,8 milliards d'impôts sur les sociétés, et -3,1 milliards d'impôts sur le revenu. Plus tout un tas de "petits" impôts et taxes dont les rendements sont inférieurs en moyenne de 5 % aux prévisions, mais parfois supérieurs à 10 %.

D'aucun veulent y voir la consécration de la théorie de l'économiste Arthur Laffer selon laquelle, pour faire simple, "trop d'impôt tue l'impôt". C'est évidemment par crainte d'une révolte fiscale que le banc et l'arrière-banc du gouvernement, mais aussi le président de la République lui-même, ont annoncé ces dernières semaines des baisses d'impôts dès 2015.

Mais c'est aussi pour ces mêmes raisons que le prélèvement à la source de l'impôt - en gros, sur les fiches de paie des salariés et des fonctionnaires - a de nouveau le vent en poupe. Il est infiniment plus simple de prélever tous les mois l'argent directement à la source plutôt que de devoir le réclamer trois fois par an à l'occasion des tiers provisionnels, sans savoir combien de contribuables auront de bonnes ou de mauvaises raisons de ne pas payer !

Le prélèvement à la source présente donc en théorie tous les avantages, mais c'est un leurre. D'abord, et ce n'est pas le moindre des inconvénients, si l'impôt sur le revenu était prélevé à la source, il rendrait celui-ci ilisible. Même Jean-Marc Ayrault le dit. Or, à une époque où l'adhésion à l'impôt est un vrai problème, en affaiblir un, et non des moindres, est dangereux.

Le prélèvement à la source a aussi un autre effet tout bête : il est déprimant. Quand un salarié découvre que ses 1500 euros nets coûtent en fait 3000 euros à l'employeur, toutes charges comprises - nonobstant le coût de son poste de travail - sa réaction est le plus souvent le déni. Lui supprimer encore quelques dizaines, ou centaines d'euros tous les mois, et c'est la révolte assurée.

Mais l'un des obstacles majeurs à lever en cas de mise en place d'un prélèvement à la source serait sans nul doute le problème de la confidentialité des données. L'administration fiscale, informée par le contribuable de sa situation fiscale - la déclaration de revenus ne serait pas modifiée, c'est le paiement de l'impôt qui changerait ) notifierait aux administrations, entreprises, associations, le montant du virement à effectuer à son profit tous les mois. Et là, tout se complique : aux ressources humaines, à la compta, les "collègues" sauraient tout de l'impôt de Monsieur X, et de Madame Y. Et ne manqueraient pas de s'étonner que l'un ne paye manifestement pas assez eu égard à sa rémunération, ou l'autre trop... Durand, au service commercial, aurait-il un patrimoine caché ? Dugenoux ne frauderait-il pas le fisc ?

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Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin. Il est également intervieweur économique sur RTL dans RTL Grand Soir (en semaine, 22h17) depuis 2016.Jean-Baptiste Giraud a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France, puis a passé neuf ans à BFM comme reporter, matinalier, chroniqueur et intervieweur. En parallèle, il était également journaliste pour TF1, où il réalisait des reportages et des programmes courts diffusés en prime-time. En 2004, il fonde Economie Matin, qui devient le premier hebdomadaire économique français. Celui-ci atteint une diffusion de 600.000 exemplaires (OJD) en juin 2006. Un fonds economique espagnol prendra le contrôle de l'hebdomadaire en 2007.Après avoir créé dans la foulée plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+, Les Editions Digitales), Jean-Baptiste Giraud a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico, dont il est resté rédacteur en chef pendant un an.En 2012, soliicité par un investisseur pour créer un pure-player économique,  il décide de relancer EconomieMatin sur Internet  avec les investisseurs historiques du premier tour de Economie Matin, version papier. Il a également été éditorialiste économique sur Sud Radio de 2016 à 2018. Jean-Baptiste Giraud est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont notamment "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) ainsi que "le Guide des bécébranchés" (L'Archipel).

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