Egalité homme-femme en entreprise : des différences qui s’estompent mais encore des progrès à faire

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Par Mathilde Ozanne Publié le 17 février 2016 à 13h49
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19%La différence de salaire entre hommes et femmes est de 19% en moyenne.

Le 10 février dernier, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEFH) et le Conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes (CSEP) ont remis leur rapport à la ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes, Marisol Touraine, et à la secrétaire d’Etat aux droits des femmes, Pascale Boistard. Le document met en lumière un certain nombre d’améliorations dans le domaine de la parité en entreprise mais l’équité n’est pas encore au rendez-vous.

Un rapport encourageant

Le rapport du HCEFH révèle que les conseils d’administration ou de surveillance des entreprises du CAC 40 comptent en moyenne 34,1 % de femmes ; une répartition qui a été multiplié par 3 en 6 ans puisqu’en 2009, elles ne représentaient que 10,7% au sein de ces instances. La France se classe ainsi à la 1ère place au sein de l’Union Européenne en matière de respect de la parité dans les entreprises les plus capitalisées. Au sein du SBF120 (Société des Bourse Françaises - indice boursier déterminé à partir des cotations des 120 plus grandes entreprises cotées sur le marché français), on observe la même évolution : en 2015, les femmes occupaient 32 % des sièges des conseils vs. 9,3 % en 2009.

A quand des femmes aux postes de directions ?

Malheureusement, les hauts postes sont, dans la majorité des cas, occupés par des hommes. Seules 5 à 6% de femmes occupent des postes de présidence de conseil ou de direction générale. En examinant les entreprises du SBF120, seules 3 d’entre elles sont présidées par une femme (Publicis, Vallourec et Virbac) et au sein du CAC40, une seule entreprise est dirigée par une femme. Dans les entreprises non cotées, la part de femmes dans les conseils de surveillance ou d’administration s’élève à 14,2 % malgré un objectif intermédiaire de 20% fixé par la loi Copé-Zimmermann, adoptée dès 2011 pour une mise en application dès 2014. En parallèle, il faut savoir que les entreprises non-côtées n’ont aucune obligation de rendre ces données publiques. Ainsi, un constat reflétant la réalité ne peut être dressé et surtout, cette absence d’obligation évite aux entreprises, qui ne communiquent pas leurs informations, d’être sanctionnées. En effet, les sociétés ne respectant pas ces objectifs peuvent être confrontés à la nullité de la nomination des administrateurs et administratrices et la suspension de leur rémunération.

Des écarts de salaire qui persistent

D’après un sondage Glassdoor, publié jeudi 11 février, une majorité de femmes salariées (55%) ont le sentiment qu’il n’existe pas de différence de traitement entre elles et leurs collègues masculins. 74% hommes estiment quant à eux qu’il n’y a aucune différence au niveau des salaires.

Malheureusement, la réalité est tout autre puisque la France se classe à la quinzième place mondiale en termes d’égalité homme-femme, d’après l’Indice de l’écart entre les genres de Davos. On constate une différence de salaire de 455 euros : les hommes gagnent en moyenne 2 389 euros (public et privé confondus) lorsque leurs collègues-femmes sont rémunérées 1 934 euros, soit une différence de 19% entre les deux sexes.

Une parité qui passe nécessairement par une prise d’initiative

Parmi les solutions préconisées par les personnes questionnées dans le sondage, la majorité estime que les pouvoirs publics doivent intervenir pour réduire ces inégalités. Cependant, 17% des interrogés pensent que c’est aux femmes de prendre l’initiative et d’exiger des augmentations de salaire. Si cette préconisation est suivie par certaines, une femme a moins de chance de l’obtenir qu’un confrère masculin.

Autre solution : l’entrepreneuriat. Au lieu de rester au sein de son entreprise et subir des différences de traitement, pourquoi les femmes ne créent-elles pas leur propre projet ? D’après un sondage ELLEActive, 45% d’entre elles ont peur d’échouer et 27% ont peur de ne pas être suffisamment compétentes (contre 9% d’hommes) ; des appréhensions typiquement féminines. Pourtant, elles désirent autant que les hommes créer leur entreprise (70%). Certaines d’entre elles parviennent à surmonter leurs peurs. D’ailleurs, le nombre de création d’entreprises a augmenté de 6% entre 2002 et 2010.

Cette tendance semble encourageante mais la parité est avant tout une question d’évolution de mentalités. Dès que cette problématique sera résolue, les femmes seront traitées à leur juste valeur, aux mêmes salaires et avec les même possibilités d’accès aux postes de direction que leurs collègues masculins ayant les mêmes compétences. Fini également la « discrimination positive » insufflée par les textes de lois. En bref, un monde de l’entreprise qui laisse enfin la chance à tous et toutes.

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Diplômée de l'EFAP, Mathilde Ozanne évolue dans les relations presse depuis six ans dans le domaine des nouvelles technologies et des start-up. Elle attache beaucoup d'intérêt aux sujets qui touchent les femmes (aussi bien les problématiques sociétales que l'évolution dans le milieu du travail).

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