Emploi : misez sur les préparation opérationnelles pour recruter sans risque

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Par Grégory Becue Publié le 15 novembre 2016 à 20h01
Preparation Operationnelle Emploi Recrutement Entreprises
6,6 millionsLa France comptait fin août plus de 6,6 millions de chômeurs.

Les chiffres du chômage se dévoilent mois après mois sans qu’on sache vraiment si la reprise est là ou si le mal s’installe durablement. Une chose est sûre, si la courbe du chômage a tendance à se stabiliser, voire à diminuer, le nombre de demandeurs d’emplois reste beaucoup trop élevé.

Fin août, ils sont plus de 6 600 000, toutes catégories confondues pour la France entière. Parallèlement à cela, bon nombre d’entreprises ne trouvent pas chaussure à leur pied. Les résultats de l’étude « Besoin de main d’œuvre », menée par le Pôle Emploi auprès de 400 000 entreprises françaises, indiquent que près de 190 000 offres d’emploi n’ont pas été pourvues en 2015 ! Et parmi ces offres, 43 000 sont tombés à l'eau, dont la moitié faute de candidat "adéquat".

Ce paradoxe est la conséquence directe de nombreux phénomènes complexes que l’on peut toutefois résumer par des méthodes de recrutement et des formations inadaptées aux besoins des entreprises. Pourtant, l’un comme l’autre peuvent être comblés par un seul dispositif, relativement discret sur la scène économique et sociale, et pourtant pertinent : les Préparations Opérationnelles à l’Emploi (POE).

Faire le choix d’une formation avec la POE…

Créées en 2009 à l’initiative des partenaires sociaux, aboutissant à la loi d’Orientation Formation du 24 novembre, ces POE ont pour objectif de former tout demandeur d’emploi, inscrit à Pôle Emploi, afin qu’il puisse acquérir les compétences requises pour répondre à une offre d’emploi. Le but est de limiter les risques à l’embauche, de favoriser les remises à niveau voire d’encourager les reconversions. Par exemple, on compte 50 000 demandeurs d’emploi dans l’informatique qui est pourtant un domaine d’activité très tendu, qui recrute beaucoup.

Cette formation d’une durée maximale de 400 heures est dispensée préalablement à l’embauche sur une durée généralement de 4 à 6 mois. A l’issue de cette formation, le demandeur d’emploi est embauché en CDI, en CDD d’au moins 12 mois ou en contrat de professionnalisation ou en contrat d’apprentissage – condition sine qua non pour l’employeur s’il veut mettre en place une POE. Du côté du demandeur d’emploi, sa formation est gratuite puisqu’il a le statut de stagiaire de la formation professionnelle, ce qui lui permet de bénéficier, entre autre, d’une protection sociale et des allocations chômage.

De son côté, tout employeur peut prétendre à la POE s’il a déposé une offre d’emploi auprès de Pôle Emploi. Par la suite, l’employeur trouve le profil le mieux adapté à sa demande avant d’engager une POE. Accompagné par Pôle Emploi, il définit le contenu de la POE, seul ou avec un organisme de formation externe, afin d’adapter la formation aux besoins de chaque futur salarié ainsi qu’aux propres besoins de l’entreprise. Point important pour l’employeur : la formation ne lui coûte rien ; c’est Pôle Emploi, avec ou non l’OPCA, qui prennent en charge les frais de formation du demandeur d’emploi.

En ce sens, la POE est originale puisqu’elle répond très précisément et de manière personnalisée aux besoins de formation des demandeurs, leur garantissant du même coup un emploi, tout en conciliant les besoins de compétences des employeurs.

… c’est faire le choix d’un recrutement efficace et durable

Faciliter le recrutement pour les métiers en tension ; recruter un demandeur d’emploi rapidement opérationnel, formé aux besoins de l’entreprise ; organiser une phase d’immersion en entreprise et apprécier les aptitudes du candidat avant l’embauche ; tels sont les principaux objectifs de ces POE.

Il ne semble donc pas étonnant qu’elles soient un véritable succès, amenant ainsi irrévocablement des demandeurs d’emplois formés à l’emploi. Pour exemple, plus de 80 000 personnes ont été concernées entre 2010 et 2013 par ces POE et, en 2013, la POE affichait un très bon taux de retour à l'emploi, avec 80% de bénéficiaires toujours en poste, six mois après la fin de leur formation. Tout est également bénéfique pour l’employeur. Sans engager de frais supplémentaires pour la formation, il a la possibilité de recruter un candidat spécialement formé pour occuper le poste vacant proposé. Ainsi, tout en facilitant l’embauche, il sécurise à la fois le pari qu’il a fait sur un candidat choisi et le recrutement.

En France, nous sommes peu habitués à ce type de démarche. La reconversion professionnelle n’est pas très courante et peut susciter encore de la méfiance qu’il faut pourtant savoir dépasser. Et d’autant plus que les résultats sont bien là. Les POE manquent seulement cruellement de visibilité tant au niveau des demandeurs d’emploi que des entreprises. Pourtant elles constituent un formidable outil de recrutement et de résorption du chômage. Il n’y a plus qu’à les utiliser massivement !

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Grégory BECUE, fondateur de l’Open Source School et directeur associé de SMILE

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