Afflelou se lance dans l’audition… Il est fou, Afflelou ?

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Par Louis Blohorn et Maxence Petit Modifié le 7 février 2013 à 6h03

OPINION

En 2011 déjà, Alain Afflelou annonçait avec ambition son lancement de l’enseigne Afflelou Acousticien dédiée à la délivrance de prothèses auditives. 80 magasins devaient naître dès la première année… Deux années ont passé et le réseau compte difficilement une quarantaine de centres dont la plupart sont des centres historiques Afflelou Opticien. Les recettes du géant de l’optique ne seraient-elles pas applicables à l’audition ? Loin s’en faut, les raisons sont ailleurs. Afflelou met les pieds sur un marché dont les pratiques et l’immobilisme sont comparables à ce que le monde de l’optique connaissait il y a trente ans : pratiques commerciales opaques, attaques permanentes des historiques du secteur qui refusent la progression, celle-ci leur étant présupposée comme défavorable, organisation d’une pénurie de professionnels grâce au numerus clausus de formation des audioprothésistes fixé par les syndicats eux-mêmes. Et c’est ce dernier point qui handicape grandement le développement de la nouvelle enseigne.

L’annonce de l’offre Tchin-Tchin adaptée à l’audition est une très bonne nouvelle pour les malentendants et pour ceux qui militent pour un meilleur taux d’équipement des français, en queue de peloton des pays occidentaux. Sonalto souhaite la bienvenue à Afflelou et se réjouit de voir le marché de l’audition évoluer malgré les réticences systématiques et donc souvent ridicules de ces mêmes syndicats. L’UNSAF qui représente une partie des audioprothésistes indépendants se fendait d’un communiqué de presse il y a quelques jours dont la teneur laisse songeur : « Cette forme de cynisme commercial (ndlr l’offre TchinTchin) visant à faire des affaires à n’importe quel prix inquiète l’UNSAF car elle est totalement incompatible avec les impératifs de santé publique et d’exercice de la profession d’audioprothésiste. » On se demande alors qui tient la corde en termes de cynisme… Pourtant, du point de vue du grand public, on ne peut que se réjouir de l’arrivée de ce nouvel acteur…

Nous nous permettons d’alerter une nouvelle fois le grand public et les pouvoirs publics sur les pratiques ultra conservatrices de la profession qui cherche à défendre les intérêts financiers de moins de 2 500 professionnels au détriment de la liberté de commerce, de l’innovation et donc du consommateur. Dès 2011, l’UNSAF réagissait avec une virulence non contenue à l’arrivée de l’assistant d’écoute Octave de Sonalto, première solution sérieuse de confort auditif accessible en libre service, en cherchant par tout moyen à étendre son monopole de distribution à une solution qui pourtant ne nécessite pas d’adaptation.

2012 était l’année de la guerre contre les complémentaires santés qui, lassées de justifier auprès de leurs adhérents le prix très élevé des prothèses, décidaient de lancer leur propre offre en partenariat avec les audioprothésistes les plus volontaires pour permettre une meilleure accessibilité aux soins devenue indispensable compte tenu du très faible taux d’équipement des français. 2013 commence sous des hospices tout aussi hostiles. C’est donc au tour d’Alain Afflelou de subir les foudres de la profession qui tente maintenant d’expliquer que ce travail d’adaptation des prothèses ne pourrait se faire à des prix raisonnables…

En ces temps de Vendée Globe, ils devraient comprendre que cela ne sert à rien de naviguer contre le vent… si ce n’est pour reculer.

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Fondateurs de Sonalto   Maxence Petit : Petit fils d’ouvrier et fils de médecin ORL, Maxence réunissait toutes les conditions pour prendre conscience du problème social que représente l’inaccessibilité pour des millions de français à une solution d’aide auditive. Il ne lui en fallait pas plus pour décider avec son compère Louis Blohorn de lancer Sonalto, la jeune société née en 2010. En lançant Octave, le 1° assistant d’écoute prêt à l’emploi, il s’agit ni plus ni moins de permettre à des millions de malentendants d’accéder enfin à une solution auditive performante, sûre et bon marché quitte à affronter le puissant et très remonté lobby des audioprothésistes. Parce que le projet réunit utilité sociale et business, engagement et combat pour une jolie cause, Maxence s’y investit sans limite.   Louis Blohorn : Issu d’une grande famille d’entrepreneurs, la question de créer une entreprise ne s’est pas posée à Louis Blohorn. Ce jeune homme de 32 ans, fraichement marié, voulait à son tour développer son propre projet et apporter des solutions concrètes aux consommateurs. En revanche rien ne prédisposait Louis à se pencher sur le sujet de l’audition des français mais l’enjeu social couplé à la dynamique industrielle l’ont convaincu du bien fondé de ce projet. Son tempérament posé et son profil de gestionnaire nourrissent la complémentarité avec son associé Maxence Petit.

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