Davos : à quoi sert le Forum Économique Mondial ?

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Par Laure De Charette Modifié le 22 janvier 2014 à 4h48

Steve Jobs, le patron d'Apple, voulait changer le monde (l'UMP aussi, me direz-vous, dans son clip de campagne en 2007). Les 2 500 personnes qui vont participer au Forum Economique de Davos, qui s'ouvre ce matin, veulent quant à elles, le « remodeler ».

Objectif affiché : remodeler le monde

C'est du moins le thème de cette 44ème édition, où tout le gotha des affaires, de la politique et de la société civile va à nouveau se bousculer : « Remodelage du monde : conséquences pour la société, la politique et l'entreprise ».

Un sujet très post-crise. Au menu des discussions : les inégalités, la révolution internet dans tous les domaines de la vie quotidienne, et les nouveaux équilibres mondiaux avec l'essor notamment des pays émergents (même si d'après les chiffres publiés par le FMI hier, les perspectives de croissance pour les BRICs -Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud- en 2014 sont décevantes, à seulement 2%).

Quant aux Frenchies, ils seront seulement 74 à s'y rendre, dont des ministres (Moscovici, Fabius, Pellerin) et des chefs d'entreprise (Société Générale, Total, Areva, etc).

Les Asiatiques aussi sont traditionnellement peu nombreux. Et pour cause : à ce grand raoût des élites occidentales, ils préfèrent le Forum de Bo'ao, organisé depuis 2002 (dans l'indifférence quasi générale) sur l'île chinoise de Haïnan.

En réalité, le business-meeting le plus rentable du monde

Officiellement, les élites économiques, politiques, intellectuelles se pressent donc en Suisse pour discuter de l'avenir du monde, repenser ses équilibres, anticiper ses crises, bref, créer un monde meilleur, tous ensemble.

En réalité, si l'on en croit le PDG de Business Insider, qui est invité chaque année au Forum, si autant de gens par ailleurs très occupés libèrent 5 jours dans leur agenda, c'est pour une raison simple : « Davos est devenu une immense conférence entre hommes d'affaires de haut niveau, où les dirigeants des plus grandes entreprises du monde profitent de leur proximité physique avec leurs partenaires et leurs clients actuels et futurs, dans des meetings qui peuvent s'avérer bien plus rentables que la somme versée pour payer le ticket d'entrée » [à savoir 40 000 euros], écrit-il dans une série d'articles baptisée "The truth about Davos" ("La vérité sur Davos").

Certains, d'après lui, rencontrent jusqu'à 100 personnes en moins de cinq jours. « Nulle part ailleurs au monde ils peuvent rencontrer autant de gens, en si peu de temps, et sans se déplacer ».

Remodeler le monde... ou doper son chiffre d'affaires ? Là est la question.

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Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique. Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.

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