Scandale : Free bloque les pubs pour ses abonnés

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Par Laure De Charette Modifié le 4 janvier 2013 à 6h28

Du jamais vu, qui fait trembler la sphère internet ! Free, qui compte plus de 5 millions d’abonnés ADSL, a décidé de bloquer les publicités affichées sur les sites visités par ses abonnés. Il lui a suffi de mettre à jour son boîtier Free Server de la Freebox « Revolution » (elle porte bien son nom !), ce qui a activé par défaut une option de blocage de la publicité. La nouvelle a aussitôt lancé une polémique.

Si les abonnés à Free peuvent se réjouir –ils ne seront plus embêtés par des pop-ups envahissants-, les distributeurs de publicité en ligne, eux, crient au scandale, et au premier rang d’entre eux la régie Google (AdSense). Un véritable « Adgate », ironise t-on déjà sur Twitter. "Free est totalement irresponsable et menace de porter un coup violent à tout un pan de l'économie numérique !" s’insurge ainsi Numerama, qui accuse l'opérateur de "péter un câble".

Comme le souligne Rue89, l’idée est "risquée". D’abord parce que de nombreux sites, y compris d’information, vivent tout ou partie grâce à la publicité. Comment pourront-ils survivre en expliquant aux annonceurs qui les financent qu’une partie de leurs visiteurs ne voient pas les pubs ? Ensuite, un fournisseur d’accès à internet n’est pas censé bloquer du contenu sans en aviser ses utilisateurs. Il s’agit là, selon les détracteurs, d’une véritable censure. "Free procèdement tout simplement à du filtrage de contenus pour ses abonnés sans leur demander leur avis", estime Rue89. La "neutralité du Net", terme cher à Nathalie Kosciusko-Morizet qui avait lancé un vaste débat sur le sujet quand elle était secrétaire d’Etat chargée du développement de l’économie numérique, serait donc remise en cause puisque le réseau n’est censé opérer aucune discrimination en fonction des émetteurs des contenus qui y sont diffusés, de leurs récepteurs et de la nature des contenus elle-même. A fortiori de la pub donc.

Joint par le site ZDNet, Free a tenté de minimiser les conséquences de cette option, tout en indiquant que les « adblockers » sont parfaitement légaux. Affaire à suivre !

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Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.