Grippe aviaire : les recettes changées sans prévenir les consommateurs

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 31 août 2022 à 9h25
Doux Poulet Aides Condamnation 1
580 MILLIONS €En 2016-2017, la grippe aviaire avait coûté 580 millions d'euros à la filière avicole.

Lorsque la pénurie d’huile de tournesol avait frappé la France, au début de la guerre en Ukraine, la situation était la même : les industriels de l’agroalimentaire avaient eu l’autorisation de changer les recettes sans réellement en informer les consommateurs. C’est désormais le cas pour les produits à base de volaille car la grippe aviaire impacte l’approvisionnement d’oeuf et de volaille.

La grippe aviaire créer des pénuries d’oeuf et de volaille

La France fait face, depuis novembre 2021, à une épidémie de grippe aviaire qui contraint les producteurs d’oeufs et de volaille à détruire leur production et tuer les animaux. Une véritable catastrophe économique pour les premiers concernés, les agriculteurs, dont l’ampleur se fait sentir sur l’ensemble de la chaîne de production agroalimentaire. Car lorsqu’il n’y a pas de poules et poulets, il n’y a pas non plus de produits dérivés.

Lundi 29 août 2022, la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) a donc autorisé des changements de recette temporaires. Les consommateurs, de leur côté, ne sauront pas exactement ce qu’ils vont manger puisqu’afin de ne pas obliger les industriels à changer les paquets, ceux-ci seront modifiés à la marge.

Alimentation : quels changements de recette attendent les consommateurs ?

Les changements que réaliseront les industriels seront variés : les œufs, le poulet, les ovoproduits sont en tension... mais également le canard et le reste des volailles sont touchés. Ainsi, les produits à base de canard pourront contenir une partie de poulet ou de graisse de poulet, sous réserve de respecter certaines conditions (pour les rillettes de canard, par exemple, il faudra un minimum de 40% de viande de canard et 20% de graisse de canard).

Des œufs remplacés par des substituts, des viandes remplacées par d'autres… les produits agroalimentaires vont donc changer. Et les consommateurs ne le sauront qu’avec une petite étiquette.

« Derog » ou mention explicite sur les paquets ?

Comme pour l’huile de tournesol, les consommateurs seront dans le flou concernant la nature du changement, mais pas concernant certaines mentions. En effet, la DGCCRF prévoit que les dérogations aux mentions « sans OGM », « issu de l’agriculture biologique » ou encore « origine France » et « élevé en plein air » placées sur les produits, et qui sont des mentions certifiant une certaine qualité, doivent être explicitées. Soit par une étiquette mentionnant exactement le changement, soit simplement en cachant la mention, ce qui signifiera qu’elle n’est plus valable.

Si aucune mention de ce type n’est mentionnée sur le paquet, alors une étiquette « DEROG » devra être apposée sur la boîte ce qui permettra au consommateur de savoir que la recette a été changée, sans toutefois connaître le détail du changement.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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