Trop d’impôt tue l’économie officielle

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Par Pascal de Lima Modifié le 7 mars 2014 à 10h15

Il y a de nombreux éléments qui plaident en faveur d’une reprise économique légère en Europe. A ce titre, et uniquement du point de vue du critère du PIB, la reprise économique américaine pourrait paraître enviable avec un fort niveau de création d’emplois.

Pourtant, force de constater que le retour de la croissance a une caractéristique bien particulière. Elle ne ramène pas autant que cela les chômeurs découragés, c'est-à-dire qui ne figurent pas dans la catégorie des chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT) ni dans la catégorie des "employés". Si l’on se réfère au halo du chômage, cette catégorie revitalisée par la croissance devrait normalement soit entrer dans la catégorie des chômeurs administrés, soit dans la catégorie des employés directement s’ils trouvent rapidement un travail.

Cet aspect du halo du chômage est importante et il nous faut une définition précise, prenons celle de l’INSEE :

« La définition et la mesure du chômage « officiel » est complexe et extrêmement sensible aux critères retenus. En effet, les frontières entre emploi, chômage et inactivité ne sont pas toujours faciles à établir (exemple d'un étudiant qui travaille quelques heures par semaine...). Le Bureau international du travail (BIT) a cependant fourni une définition stricte du chômage, mais qui ignore certaines interactions qu'il peut y avoir avec l'emploi (travail occasionnel, sous-emploi), ou avec l'inactivité : en effet, certaines personnes souhaitent travailler mais sont « classées » comme inactives, soit parce qu'elles ne sont pas disponibles rapidement pour travailler (deux semaines), soit parce qu'elles ne recherchent pas activement un emploi.

Ces personnes forment ce qu'on appelle un « halo » autour du chômage. Ce « halo » est calculé par l'Insee à partir de l'enquête Emploi ». C’est ce halo de personnes qui ne rechercheraient pas activement un emploi qui gonfle de plus en plus (elles n’entrent pas dans la catégorie des chômeurs administrés). Est-ce parce qu’elles ne souhaitent plus travailler officiellement ? Où est-ce plutôt parce qu’elles préfèrent de plus en plus travailler autrement pour entrer dans une autre catégorie du halo ? On dit qu’il existe alors un réel découragement et désincitation à la recherche d’un emploi ou à se déclarer (surtout s'il n'y a pas d'indemnité).

Pourtant ce que l’on observe est la chose suivante : si effectivement le marché du travail (employés et chômeurs officiels) s’affaiblit en période de récession (moins d’employés, moins de chômeurs qui se déclarent) normalement on devrait observer une tendance inverse en cas de reprise. Mais ce n’est pas le cas. D’après BLS/Fed de Saint Louis, quelques 7 millions d'Américains ont tout bonnement disparu de l'économie officielle. Enfants retournés chez leurs parents, conjoints ayant renoncé à travailler, chômeurs en rupture de ban, nouvelles recrues de l'économie au noir... On observe des phénomènes similaires en Grande Bretagne et en Europe du sud.

Il n’y a rien d’étonnant à tout cela : les politiques d’austérité en Europe (et même aux Etats-Unis) en voulant ponctionner une part importante des richesses nationales par l’impôt, créent un effet désincitatif sur l’économie officielle. Il ne s’agit pas ici de trop d’impôts tuent l’impôt mais trop d’impôts tuent l’économie officielle. On est alors en période de reprise plus incité à développer des transactions sur le marché parallèle ce d’autant plus que l’efficacité des politiques publiques n’est pas très visible et que l’effet redistributif de l’Etat providence est considéré comme un acquis et n'est plus un avantage comparatif de l’économie officielle.

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Chef économiste, Economiste de l'innovation, knowledge manager des cabinets de conseil en management (20 ans). Essayiste et conférencier français spécialiste de prospective économique, mon travail, fondé sur une veille et une réflexion prospective, porte notamment sur l'exploration des innovations, sur leurs impacts en termes sociétaux, environnementaux et socio-économiques. Responsable de l'offre "FUTURA : Impacts des innovations sur les métiers de demain". Vision, Leadership, Remote of Work, Digital as Platforms...secteurs Banque Finance Assurance, PME TPE, Industrie et Sport du Futur. Après 14 années dans les milieux du conseil en management et systèmes d’information (Consultant et Knowledge manager auprès de Ernst & Young, Cap Gemini, Chef Economiste-KM auprès d'Altran - dont un an auprès d'Arthur D. Little...), je fonde Economic Cell en 2013, laboratoire d’observation des innovations et des marchés. En 2017, je deviens en parallèle Chef Economiste d'Harwell Management. En 2022, je deviens Chef économiste de CGI et Directeur de CGI Business Consulting. Intervenant en économie de l'innovation à Aivancity, Sciences po Paris, ESSEC, HEC, UP13, Telecom-Paris... et Conférenciers dans le secteur privé, DRH, Directions Métiers... J'ai publié plus de 300 tribunes économiques dans toute la presse nationale, 8 livres, 6 articles scientifiques dans des revues classées CNRS et j'interviens régulièrement dans les médias français et internationaux. Publication récente aux éditions FORBES de « Capitalisme et Technologie : les liaisons dangereuses – Vers les métiers de demain ». Livre en cours : "La fin du travail" Site personnel : www.pascal-de-lima.com