H&M sommée de prouver qu’elle n’utilise plus de coton ouzbek

Par Laure De Charette Modifié le 17 décembre 2012 à 4h38

L'entreprise suédoise s'est engagée, par écrit, à ne plus utiliser de coton ouzbek, ramassé par des personnes réduites au travail forcé. Mais tient-elle vraiment sa promesse ? Certains en doutent. H&M fait partie de la centaine d'entreprises qui ont accepté de ne plus utiliser « sciemment » du coton en provenance d'Ouzbékistan dans la fabrication de ses vêtements. Ce coton, véritable « or blanc » qui représente 15% du PIB de l'Ouzbékistan, est ramassé chaque année, à l'automne, par des milliers de fonctionnaires, étudiants, membres du secteur privé ou professeurs, réquisitionnés pour l'occasion. D'après Human Rights, entre 1,5 et 2 millions d'enfants seraient même envoyés de force chaque année dans les champs par le gouvernement d'Islam Karimov, qui dirige le pays d'une main de fer depuis 1991, sans même être rémunérés. La cueillette n'est pas mécanisée, dure deux mois et exige une main d'oeuvre considérable.

Or malgré la promesse de H&M de ne plus avoir recours à ce coton-là dans ses vêtements, l'ONG britannique, Anti-Slavery International, reste dubitative. Elle n'est en effet pas convaincue que des mesures concrètes aient été prises sur le terrain. Elle accuse notamment le géant suédois de l'habillement de refuser de stipuler dans ses contrats de vente que le coton ouzbek est interdit. « Nous voulons savoir ce qui se trouve derrière cet engagement, quelles sont les mesures que les sociétés ont prises pour s'assurer que le coton ouzbek ne soit pas dans leur chaîne d'approvisionnement », a déclaré une des responsables de l'association, à l'origine de la campagne.

De son côté, H&M jure que tous ses fournisseurs ont été informés de l'engagement pris en haut lieu.

Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique. Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.

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