Immobilier : pourquoi les prix ne se sont pas écroulés en France comme partout ailleurs ?

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Par Laure De Charette Modifié le 27 juillet 2015 à 14h08
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69%La dette immobilière des ménages représente 69 % de leur revenu disponible, soit deux fois plus qu'en 1990.

En matière d'immobilier aussi, la France fait exception. Alors que dans de nombreux pays, en Espagne, en Irlande, au Portugal, mais aussi aux Etats-Unis, les prix de la pierre se sont effondrés (entre 20% et 40%) depuis la crise économique de 2008, ils ont à peine baissé en France. Pourquoi donc ?

La faute aux taux d'intérêt

D’après le Figaro, qui a interrogé un économiste, la relative stabilité des prix de l'immobilier en France -ils ont baissé l'an dernier de 2,8%, et devraient baisser d'autant cette année, mais ils avaient rebondi en 2010-, il y a au moins deux grandes raisons à cela.

D'une part, "la chute des taux d’intérêt explique en grande partie ce phénomène". Ils sont en effet aujourd’hui à un taux historiquement bas (depuis cinquante ans), autour de 2% en moyenne. Résultat, les ménages continuent à s'endetter sans se mettre en danger sur 15, 20 voire 25 ans, et arrivent même parfois à faire un crédit sans justificatif ! Cet allongement de la durée des prêts "a apporté un complément de la capacité d’emprunt". Soutenus par les banques, les ménages ont donc continué à acheter des biens. Et le marché est resté dynamique.

La pierre ou la bourse

Autre raison : l’investissement locatif. Les Français ont perdu confiance en la bourse, depuis la faillite de Lehman Brothers en 2008, et préfèrent la pierre aux actions. Or ils privilégient les départements urbains, ceux pour lesquels le prix a le plus augmenté de 2000 à 2007.

Cette exception française est d’autant plus étonnante qu’entre 2000 et 2007, les prix s’étaient envolés dans l’Hexagone, comme dans les autres pays. Or quand ailleurs ils ont commencé à baisser, ils sont restés à peu près stables ici.

Reste que cette légère hausse des prix n'arrange pas les affaires de tous : en monnaie constante, le prix des logements est 65 % plus élevé qu’en 2000, alors que le revenu disponible par ménage est inchangé. Résultat, d’après Les Echos, le pouvoir d’achat immobilier est inférieur de 23 % à ce qu’il était en 1965 ou 2000.

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Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique. Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.

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