Licenciements économiques : des ingénieurs se mettent en vente sur eBay

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Publié le 2 avril 2014 à 7h54

Ils auront tout essayé pour ne pas finir à la rue. Après l'annonce de la fermeture de l'usine Micron en Italie, ses employés, notamment des ingénieurs, des mathématiciens et des informaticiens sont passés par toutes les options possibles. Jusqu'à la plus « dégradante ».

La délocalisation en cause

Le géant de l'électronique Micron a décidé de délocaliser et de partir d'Italie non sans avoir, dans les années précédentes, obtenu près de 150 millions d'euros de subventions d'état pour créer 1 500 emplois à Avezzano, dans les Abruzzes.

Et non sans avoir, d'ailleurs, enregistré un chiffre d'affaire record de 4 milliards de dollars au dernier trimestre 2013.

De fait, ce sont donc près de 419 personnes, notamment des diplômés, qui vont perdre leur emploi, soit 40% des effectifs de la société en Italie.

Campagne médiatique, couverture journalistique, rencontres entres syndicats, patronat et gouvernement et même une lettre envoyée au Premier ministre italien n'ont rien pu faire. Il leur restait alors une dernière carte à jouer.

Devenir « objets » et se vendre sur eBay

Dans un dernier essai pour sauver leur emploi les informaticiens, mathématiciens et techniciens de la société ont donc posté une annonce sur eBay. Jusqu'au 7 avril 2014, date butoir du licenciement, ils se « vendent aux enchères », littéralement. Avec une clause, tout de même : « Entreprises qui délocalisent s'abstenir »

Si l'annonce a fait l'effet d'un buzz en Italie, elle montre également la détresse de ces personnes qui renient leur humanité et se réduisent à l'état d'objets définis par leurs compétences. Car oui, eBay ne vend que des objets.

Et en un sens on peut y voir même, plus loin, une critique simplement sociale (et probablement involontaire) du monde du travail qui déshumanise. L'objet produit et la personne qui le produit ne sont, finalement, que deux choses placées sur le même plan.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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