Just Eat Takeaway veut en finir avec les contrats précaires de ses livreurs

Par Olivier Sancerre Modifié le 17 août 2020 à 10h14
Just Eat Takeaway Contrat Social 1
7,3 MILLIARDSJust Eat Takeaway a avalé Grubhub pour 7,3 milliards de dollars.

Le groupe Just Eat Takeaway, un des leaders européens de la livraison de repas à domicile, a l'intention d'en finir avec les contrats précaires de ses coursiers pour leur offrir de meilleures conditions de travail.

Jitse Groen, fondateur il y a vingt ans du groupe néerlandais Takeaway, est un iconoclaste dans le secteur. Il a l'ambition d'étendre le modèle social mis en place aux Pays-Bas, plus généreux que les contrats précaires qui lient habituellement les plateformes de livraison de repas à leurs coursiers, à l'ensemble du groupe. Son objectif est tout simplement d'en finir avec ce type de contrats en Europe. C'est une déclaration d'autant plus importante que Takeaway a racheté son concurrent britannique Just Eat il y a quelques mois. À la BBC, le dirigeant a expliqué qu'il était à la tête d'une « grande entreprise multinationale avec pas mal d'argent », et qu'il voulait que ses collaborateurs bénéficient de protections sociales.

Une entreprise avec « pas mal d'argent »

Just Eat Takeaway veut aussi « payer des impôts pour ses salariés ». Dans le secteur de la « gig economy », autrement dit l'économie des petits boulots où les coursiers, mais aussi les chauffeurs de VTC, sont des travailleurs précaires, ces déclarations font l'effet d'une bombe. En Californie, Uber et Lyft sont ainsi sommés par la justice de requalifier les contrats de travail des conducteurs en salariés. Uber a indiqué qu'il pourrait cesser temporairement son activité dans l'État américain, signe que le groupe bénéficie aussi du statut précaire de ses chauffeurs.

La « gig economy » en péril

Dans le secteur de la livraison de repas, Deliveroo a fait l'objet d'une forte contestation de ses coursiers et a même essuyé une condamnation en Espagne. Pas de ça pour Just Eat Takeaway, qui veut jouer la carte de l'honnêteté et souhaite embaucher des milliers de personnes au Royaume-Uni. Plutôt rafraîchissant… L'entreprise s'est agrandie aux États-Unis, via l'acquisition retentissante de Grubhub, un des principaux concurrents d'Uber Eats, que ce dernier voulait d'ailleurs avaler.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.

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