Les comptes de la crise sanitaire sont lourds pour les finances publiques

Par Olivier Sancerre Modifié le 29 mars 2021 à 11h42
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18La dette a augmenté de 18 points entre 2019 et 2020.

La crise sanitaire a provoqué une saignée record des dépenses publiques. Selon l'estimation de l'Insee pour l'année 2020, le déficit public et la dette de la France ont atteint des niveaux inédits depuis la seconde guerre mondiale.

Le déficit public a été multiplié par trois quasiment entre 2019 et 2020 : il est passé de 3,1 % du produit intérieur brut à 9,2 %. Cela représente 211,5 milliards d'euros, d'après les calculs de l'Insee. Quant à la dette française, elle s'établit à 115,7 % du PIB, contre 97,6 % en 2019. C'est un peu meilleur que les prévisions du gouvernement, qui donnait une dette à 120 % et un déficit à 11,3 %. Malgré tout, ces niveaux sont inédits depuis la deuxième guerre mondiale… Bruno Le Maire a expliqué que « les 18 points de dette supplémentaires en 2020 sont la traduction de la baisse d'activité de l'économie française et de l'effort de protection considérable de nos salariés et de nos entreprises ».

Des niveaux de dette inédits

Il est vrai que le gouvernement a pris au pied de la lettre l'expression « quoi qu'il en coûte » d'Emmanuel Macron. Les pouvoirs publics n'avaient pas vraiment d'autre choix : le produit intérieur brut a fondu de 8,2 % en 2020, l'État devait être au rendez-vous pour éviter un effondrement complet de l'économie. Le déficit de l'État s'établit à 182 milliards d'euros ; pour la Sécurité sociale, dont les comptes ont été mis à rude épreuve, le déficit est de 48,2 milliards. Enfin, celui des administrations locales est de 4,2 milliards. Olivier Dussopt, le ministre des Comptes publics, explique que seuls les comptes des collectivités locales sont à l'équilibre.

Des comptes publics dans le rouge

Pour 2021, la situation sanitaire va encore peser fortement sur les comptes publics. La lenteur exaspérante de la campagne vaccinale et la recrudescence de la contamination obligent à de nouvelles mesures de restriction qui pèseront donc sur l'activité économique. Malgré tout, Bercy prévoit toujours une croissance de 6 % ainsi qu'un déficit ramené à 8,5 %. La dette devrait se creuser encore à 122 % du PIB.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.

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