Loi travail : 2 Français sur 3 veulent le retrait du texte

36 %
Pour 36 % des Français le gouvernement est responsable du conflit
social en France.

Q1 : Face aux mouvements sociaux, le gouvernement doit-il retirer la Loi Travail ?

•             Sous total « oui » : 64 %

•             Sous total « non » : 36 %

64% des Français interrogés considèrent que le gouvernement doit retirer « la Loi Travail » face aux mouvements sociaux (66% il y a un mois)

Les mois se suivent et se ressemblent pour le gouvernement quant à la position de l’opinion publique dans le cadre de la Loi Travail. En effet, les résultats du sondage de cette semaine sont sans appel. Les Français interrogés sont pour un retrait de la loi pur et simple pour 2/3 d’entre eux.

Ainsi, la position de fermeté affichée par le gouvernement face aux manifestants sur le maintien de la procédure législative en cours ne convainc pas les Français et il est peu probable que nous assistions à un renversement d’ici à la fin de la procédure et à la publication de la loi. Les dernières manifestations particulièrement violentes de ces derniers jours auraient pu faire évoluer l’opinion publique, il n’en est manifestement rien.

Ce texte qui était présenté comme l’outil anti-chômage par le couple exécutif aura finalement été une arme de destruction des derniers espoirs du gouvernement de retrouver une embellie auprès de l’opinion publique avant les élections présidentielles. Le plus marquant est que la situation dans laquelle se trouve le gouvernement a été causée par une multitude d’erreurs de communication. En effet, le gouvernement nous a donné la recette de « tout ce qu’il faut faire pour être certain de rater une réforme » :

1+ Agir dans un timing contraint à la fin d’un quinquennat marqué par l’impopularité du couple exécutif.

2+ Ne pas préparer le terrain médiatique en amont en annonçant une loi réformant le Code du Travail l’été dernier, puis au moment des vœux de fin d’année, le 31 décembre 2015, sans en donner la teneur globale, qui ne sera finalement dévoilée qu’en février 2016 par la presse, le gouvernement n’a pas su ou pu préparer convenablement l’opinion publique à la nécessité de cette loi en valorisant par exemple les effets positifs attendus pour l’emploi.

3+ Afficher des dissonances politiques internes au gouvernement et à la majorité en plein débat parlementaire.

4+ Organiser l’agenda des débats parlementaires en plein milieu d’une compétition sportive majeure au cours de laquelle les caméras de l’Europe entière sont braquées sur le pays, offrant de surcroit un moyen de pression inattendu pour les organisations syndicales.

Toutes ces erreurs qui sont autant de marques d’impréparation qui ont usé la patience des Français. Il n’y a pas d’issue possible pour le gouvernement ; seul un événement extérieur, ou un faux pas de communication de la part de son opposant principal, la CGT, lui permettrait de se sortir de cette mauvaise séquence.

Q2 : Selon vous, qui est le responsable du conflit actuel ?

•             Le gouvernement : 36 %

•             La CGT : 31 %

•             Autant l’un que l’autre : 33 %

Le gouvernement est le principal responsable de la crise actuelle pour 36% des Français interrogés, 31% considèrent que c’est la CGT et 33% autant l’un que l’autre (43% pour le gouvernement, 27% pour la CGT et 30% autant l’un que l’autre il y a un mois).

Les Français considèrent encore que le gouvernement est prioritairement responsable du conflit actuel, alors même que le principal syndicat à mener les actions de lutte contre le gouvernement s’est radicalisé tout au long du conflit avant de petit à petit « lâcher du lest ».

Il n’en demeure pas moins que les résultats du sondage montrent que la principale organisation syndicale au cœur du mouvement est de plus en plus considérée comme responsable du conflit actuel versus les résultats du mois dernier. 

Cette situation et ces résultats sont directement induits par les actions de force menées lors des manifestations, dont la dernière en date à Paris a été émaillée d’incidents et de destructions de mobilier urbain, d’atteintes aux biens, y compris un hôpital pour enfants du centre de Paris. Ainsi, les résultats du sondage sont logiques et traduisent la sidération et l’exaspération des Français qui ont vus défiler en tête de cortège des « casseurs » hurler « tout le monde déteste la police », quelques heures seulement après l’assassinat terroriste de deux policiers à leur domicile.

Cette situation et ces tensions en marge des manifestations organisées par la CGT place la centrale syndicale et le gouvernement dans un face à face de communication :

La CGT tente de se démarquer des casseurs tout en légitimant le recours à la violence comme un moyen de défense face aux représentants du maintien de l’ordre public ; le gouvernement tente de discréditer le mouvement en associant les casseurs à la CGT.

Les résultats du sondage montrent bien que les Français ne sont pas dupes de ces actions de communication et renvoient désormais dos à dos les deux principaux protagonistes.

Au-delà des résultats de ce sondage et de cette bataille de communication qui oppose la CGT et le gouvernement, cette lutte idéologique est à lire également à l’aune de l’élection présidentielle qui se profile.

A cette occasion, les électeurs de gauche auront finalement le choix entre deux modèles : une gauche classique incarnée par le gouvernement actuel et une gauche archéo-marxiste qui retrouve dans les manifestations de ces dernières semaines des réflexes révolutionnaires que l’on croyait rangés dans les rayons de l’histoire…  avant la chute du mur de Berlin. 

Sondage exclusif TILDER/LCI/OpinionWay du 16 juin 2016


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