2,5 millions de chômeurs, mais près d’1 million d’emplois non pourvus en France en 2012

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Par Laure De Charette Modifié le 2 octobre 2013 à 1h04

En France, on parle de « demandeur d'emploi », là où les Anglo-Saxons utilisent plutôt le terme de « job seeker » voire « job hunter » (on utilise en revanche aussi l'expression chasseur de têtes, « head hunter »). Pas tout à fait la même démarche ! D'après le rapport publié hier par le Conseil d'orientation pour l'emploi, il existait environ 820 000 emplois non pourvus en France l'an dernier.

Des centaines de milliers d'offres non pourvues par les chômeurs

Mécaniciens, agents de maintenance, électriciens, bouchers, informaticiens, infirmiers, aides à domicile : la liste est longue des emplois restés vacants, parfois depuis bien longtemps, et pour une raison mystérieuse, aucun des 2,5 millions de chômeurs que compte le pays n'est prêt à les pourvoir.

Certains de ces jobs trouvent vite preneur. Mais d'autres pas ! Ainsi 570 000 offres (soit 70%) ne sont toujours pas pourvues trois mois après leur publication. Pire, au moins 400 000 recrutements sont abandonnés chaque année faute de candidats correspondant au profil recherché. Beaucoup d'offres face à beaucoup de demandes, et pourtant, le pays compte de plus en plus de gens sans travail, on n'y comprend plus rien...

On a vite fait d'imaginer que des flopées de chômeurs préfèrent rester inactifs plutôt qu'accepter un de ces jobs difficiles, souvent mal payés et aux horaires potentiellement contraignants. Mais là n'est pas la vraie raison.

Pas d'adéquation entre l'offre et la demande d'emplois

D'après le rapport, il y a plusieurs problèmes : en premier, les compétences des candidats ne correspondent pas à celles recherchées par l'employeur : ensuite, les jobs en question ne sont guère tentants ; ils sont situés parfois loin des lieux de résidence des demandeurs d'emploi et sont souvent à pourvoir seulement le temps d'une saison.

Cet été, le gouvernement a mis en place des formations pour 30 000 chômeurs en lien direct avec ces emplois vacants, avec l'objectif d'en développer 70 000 supplémentaires en 2014. Les emplois vacants, « c'est devenu la tarte à la crème, mais la crème a un peu tourné depuis le temps qu'on entend ce constat » avait déclaré François Hollande, décidé à prendre le taureau « par les cornes ». Une bonne chose, d'après le Conseil d'orientation pour l'emploi, mais qu'il faudrait répéter et intensifier.

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Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.

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