Minicrédits à taux d’usure : l’UFC-Que Choisir porte plainte contre trois prêteurs

Par Olivier Sancerre Modifié le 30 avril 2021 à 15h36
Minicredit Ufc Que Choisir Plaintes 1
2.2234%Le taux d'intérêt annualisé pratiqué par Cashper se monte à 2.2234%.

Besoin rapidement d'un peu d'argent ? Les minicrédits pullulent sur internet, mais gare : plusieurs prêteurs pratiquent des taux d'usure, dénonce l'UFC-Que Choisir qui porte plainte contre trois d'entre eux.

Emprunter jusqu'à 1.000 euros sur internet, c'est facile : certaines banques et sociétés financières en ont même fait une sorte de jeu de grattage. Mais gare aux petites lignes. Derrière les discours rassurants présentant le minicrédit comme une alternative « responsable » au crédit classique et aux frais bancaires liés au découvert, ces prêts peuvent accélérer le malendettement et exposer l'emprunteur à des impayés qui pourraient fragiliser encore plus son budget. L'UFC-Que Choisir part donc à l'assaut du secteur en déposant auprès du Procureur de la République de Paris trois plaintes contre Bling, Cashper et Floa Bank.

Les nouveaux usuriers

Ces trois prêteurs sont accusés de pratiques commerciales trompeuses. Le taux d'intérêt annualisé des crédits proposés afin d'obtenir l'avance dans le délai annoncé est dissimulé, attaque l'association de consommateurs. Les trois organismes dans le viseur dépassent « allègrement » le taux maximum autorisé des crédits conso, de quatre à plus de cent fois. Pire : Cashper pratique un taux annualisé de 2.234% ! Il faut aussi savoir que si le consommateur patiente quatorze jours avant de recevoir la somme empruntée, il ne règlera pas de frais (ou ils seront limités). Mais s'il a besoin de l'argent tout de suite, ce qui est généralement le cas, ces frais flambent, jusqu'à 30 euros.

Revoir la réglementation

Au-delà du cas de ces trois prêteurs, l'UFC-Que Choisir demande aux législateurs européens de « mettre un terme aux passe-droits faits aux minicrédits » : ils devraient être soumis à la réglementation qui s'applique aux crédits classiques, dans le cadre de la révision de la directive crédit à la consommation. L'association sera-t-elle entendue par Bruxelles ? C'est tout à fait possible. Mais dans l'intervalle, la prudence est de mise.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.

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