Revenus, épargne, emploi, diplôme… : les inégalités restent fortes en France

Par Anton Kunin Modifié le 3 juin 2021 à 10h37
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60%Plus de 60% des ouvriers ont un travail pénible physiquement, contre 6% des cadres supérieurs.

Même s’il est possible que la pauvreté ait globalement reculé en 2020 grâce à la mise en place d’aides exceptionnelles et une plus forte propension des Français à épargner (ce qui est encore à confirmer), les inégalités en termes de revenus et de patrimoine restent importantes en France, apprend-on de la dernière édition de l’Observatoire des inégalités.

La pauvreté s’était accentuée avant la crise sanitaire

En 2020, les Français ont beaucoup épargné. Au total sur cette année, l’épargne financière des ménages a augmenté de 110 milliards d’euros, soit 4,5% du PIB mis de côté. Par rapport à 2019, 40 milliards d’euros supplémentaires garnissent ainsi les comptes en banque des particuliers et 27 milliards les livrets rémunérés, le reste étant engrangé dans différentes formes de placements. Mais la capacité à épargner n’est pas du tout la même selon les couches sociales.

En effet, les 10% les mieux payés touchent un salaire au moins 2,9 fois plus élevé que celui des 10% les moins bien rémunérés, rappelle l’Observatoire des inégalités dans son dernier rapport. La pauvreté reste importante en France : 5,3 millions de personnes vivent avec moins de 885 euros par mois. De plus, le taux de pauvreté des 18-29 ans est passé de 8,2% en 2002 à 12,5% en 2018, une progression de plus de 50%. Les jeunes adultes constituent la tranche d’âge où le risque d’être pauvre est le plus grand, et pour qui la situation s’est le plus dégradée en quinze ans.

Le manque de qualification, principal frein à l’emploi

Ces inégalités en termes de revenus sont dues avant tout au degré très différent d’insertion professionnelle. Avant le début de la crise sanitaire, le mal-emploi (chômage, CDD et intérim) était très inégal. Le taux de chômage des ouvriers non qualifiés est cinq fois plus élevé (17,7%) que celui des cadres supérieurs (3,5%).

Par ailleurs, 15,8% des non-diplômés sont au chômage. Ce taux est divisé par trois pour les détenteurs d’un bac+2. Chez les jeunes, l’absence de diplôme est encore plus handicapante : 28% des actifs de moins de 30 ans n’ayant que le brevet en poche cherchent un emploi.

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