Une hausse rapide des prix de l’énergie et du blé pourrait plomber la croissance

Par Anton Kunin Modifié le 29 novembre 2022 à 9h14
Croissance Rouge Dernier Trimestre 2
65%La Banque de France estime que le cours du blé pourrait monter de 65% par rapport à son niveau de fin février 2022.

La guerre russo-ukrainienne pourrait peser lourd sur l’économie française. Dans son scénario « dégradé », la Banque de France anticipe une hausse importante des prix de l’énergie, mais aussi du blé.

L’inflation restera élevée jusqu’en septembre 2022 au moins

L’année 2022 devrait être relativement faste, avant un ralentissement en 2023. En se basant sur les données disponibles au 1er mars 2022, la Banque de France dresse deux scénarios : le scénario conventionnel et le scénario dégradé. Le premier suppose une croissance de 3,4% en année pleine en 2022, et le second une croissance de 2,8%. À cause, en particulier, de sa composante énergétique, l’inflation serait néanmoins élevée en 2022 : à 3,7% en moyenne en 2022 et proche de 4% au moins jusqu’en septembre 2022 dans le scénario conventionnel, elle s’établirait à 4,4% en année pleine dans le scénario dégradé.

En 2023, la croissance française devrait ralentir de manière plus ou moins importante. Le scénario conventionnel suppose une croissance de 2% en 2023, tandis que le scénario dégradé prévoit une croissance de 1,3%, ce qui est bas dans un cas comme dans l’autre. L’inflation, elle, resterait assez élevée : elle pourrait baisser à 2% en 2023 (mais pas au-delà) dans le scénario conventionnel mais rester à 3,3% dans le scénario dégradé.

Une hausse brutale des prix du pétrole et du gaz pourrait accélérer l’inflation

La guerre russo-ukrainienne pourrait-elle nous plomber encore davantage ? Le scénario dégradé de la Banque de France intègre les conséquences sur les prix des produits alimentaires d’une hausse du cours du blé de l’ordre de 65% par rapport à son niveau de fin février 2022. De même, dans ce scénario la Banque de France retient une hypothèse d’un prix du baril à 125 dollars et un prix du mégawattheure de gaz naturel de 200 euros jusqu’en 2024. Un arrêt brutal des importations d’énergie en provenance de Russie, quant à lui, n’est pas intégré dans le scénario.

Dans les deux scénarios, c’est plutôt à partir du deuxième trimestre 2022 que les conséquences de la guerre en Ukraine sur l’activité en France se feraient sentir. Toutes les composantes de la demande seraient affectées, avec des intensités variées : la consommation des ménages freinerait du fait de l’impact des prix de l’énergie sur le pouvoir d’achat, l’investissement subirait l’effet de la montée de l’incertitude sur les perspectives futures et les exportations pâtiraient de l’effet négatif sur les échanges.

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