Pétrole russe : pas sanctionné, mais boycotté

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 4 mars 2022 à 16h21
Production Petrole Prix Baisse 1
119 DOLLARSLe 3 mars 2022, le baril de Brent a connu un pic à plus de 119 dollars.

La pluie de sanctions contre la Russie a touché quasiment tous les secteurs, entre les sanctions imposées par les États-Unis et l’Union européenne et celles décidées de manière unilatérale par les entreprises ou les particuliers. Néanmoins, l’énergie a été épargnée : aucune sanction sur le gaz ou le pétrole russes n’ont été décidées. Et pour cause : l’Occident, en particulier l’Union européenne, sont très dépendants des énergies fossiles en provenance de Moscou.

Une décision stratégique qui n’a pas eu l’effet escompté : même sans sanctions, le pétrole russe est boycotté sur les marchés.

Des millions de barils de pétrole en moins sur les marchés

D’un point de vue purement économique, l’augmentation du prix du pétrole en Bourse depuis le début de l’invasion en Ukraine n’est pas totalement justifié : si les craintes sont élevées sur les marchés, l’offre de brut n’a pas évoluée. Aucune sanction n’est prévue contre le pétrole russe, la Russie étant le deuxième pays producteur au monde, tandis que l’OPEP+ n’a pas changé sa production, ayant opté pour un statu quo et donc une augmentation progressive de la production de brut.

Mais selon Andy Lipow, président du cabinet Lipow Oil Associates interrogé par CNN jeudi 3 mars 2022, le marché ne se comporte pas comme prévu. Près de 4,3 millions de barils de pétrole russe par jour auraient été enlevés du marché… par la seule décision des entreprises du secteur. Or, l’Occident avait opté pour l’absence de sanctions contre le pétrole et le gaz russes justement pour éviter un emballement de ce type.

Les entreprises ont peur du pétrole russe et l’ont banni

Il semblerait que les entreprises du monde entier aient tout simplement peur : le secteur de l’énergie, mais également le secteur bancaire et le secteur du transport, ne veulent plus faire affaires avec la Russie concernant son pétrole, et ce même si aucune sanction n’est prévue. La crainte majeure ? De s’attirer les foudres du public, mais aussi des régulateurs.

Andy Lipow souligne l’importance de cette fronde par un exemple concret : une cargaison de pétrole brut vendue 18,6 dollars le baril en-dessous du prix de marché du Brent… qui n’a pas trouvé preneur.

En attendant que la situation se stabilise, le prix du pétrole en Bourse a atteint des records historiques, avant de retomber : le 4 mars 2022 au matin, le baril de Brent s’échangeait à 111 dollars après avoir frôlé les 120 dollars la veille.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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