La Banque Centrale Européenne pourrait bientôt lancer la planche à billets à plein régime

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Par Laure De Charette Modifié le 26 mars 2014 à 6h00

Et si l'Europe imitait (enfin) les Etats-Unis ? Pour la première fois, le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, a évoqué hier l'hypothèse d'un « quantitative easing » (littéralement « assouplissement quantitatif ») en Europe.

Injecter des liquidités dans l'économie de la zone euro

Comprendre : la Banque centrale européenne pourrait, comme le font ses homologues aux Etats-Unis depuis fin 2008 et au Japon notamment, racheter à tour de bras des actifs. Un sacré revirement de situation, puisque jusque-là, l'idée même d'une telle politique monétaire était presque devenue tabou.

Qu'est-ce que le « quantitative easing » ? Cela consiste à injecter des liquidités en rachetant sur les marchés de la dette souveraine avec de l'argent nouvellement créé. Le but premier de cette politique est d'éviter la déflation, et de doper l'économie.

Même si l'on parle alors souvent de « planche à billets », il ne s'agit pas exactement de cela car « lorsque les dettes rachetées par la Banque Centrale arrivent à maturité (c'est-à-dire une fois la fin du Quantitative Easing votée), l'argent créé initialement (injecté) est détruit (réabsorbé) » comme l'explique le site Captain Economics.

Concrètement, voilà comment cela se passe : la Banque Centrale crée de la monnaie (pas physiquement : il s'agit simplement d'une ligne de crédit sur le compte de la banque). Avec cet argent, elle achète des bons souverains aux institutions financières (banques, compagnies d'assurances, fonds de pension). Lesquelles ont donc davantage de cash, et peuvent donc prêter plus facilement et à un meilleur taux de l'argent aux entreprises et aux ménages. Résultat : l'investissement et la consommation reprennent des couleurs. La croissance est de retour, et la Banque Centrale peut alors vendre les bons souverains précédemment achetés et détruire la monnaie créée. Du moins en théorie !

L'Europe a t-elle besoin d'adopter cette stratégie monétaire ?

Et pourquoi donc l'Europe aurait-elle besoin, selon certains analystes, d'adopter une telle stratégie ?! Car son économie est fragile, et car le risque de déflation, c'est-à-dire de diminution générale et durable des prix, ne cesse de s'amplifier, notamment parce que l'euro est trop fort par rapport aux autres devises. Or d'une certaine manière, le QE permet de stabiliser les prix.

Mais le président de la Bundesbank a déjà prévenu qu'il s'agissait là d'un scénario parmi d'autres, et qu'il devrait emporter l'adhésion de tous les pays membres. Bref, ce n'est pas forcément pour demain... !

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Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.

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