Crise économique : à politique sans limites, conséquences sans limites…

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Par Charles Sannat Publié le 18 septembre 2012 à 12h33

Illimité. Définition simple : sans limites. Les synonymes : incommensurable, indéfini, infini, insondable. Le mot de l’année utilisé partout dans le monde sera sans contexte le terme "illimité".

Unlimited comme disent nos camarades anglo-saxons. Unlimited le rachat de papiers pourris, c’est-à-dire de prêts immobiliers qui ne seront jamais remboursés aux Etats-Unis. Illimité le rachat d’obligations d’Etats en faillite qui ne trouvent pas preneur sur le marché, en Europe par la BCE. Illimitée la défense de la parité du franc suisse avec l’euro par la Banque Centrale Suisse, la BNS.

Illimitée l’injection de quantités hallucinantes de monnaie dans l’économie japonaise pour tenter désespérément de sortir l’économie nipponne de la crise sans fin. Illimitée la politique de "relance" de la Banque d’Angleterre, à base de dizaines de milliards de livres sterling. Sans limites désormais la création monétaire mondiale. Sans limites la fuite en avant dans et par la dette.

Cette politique sans limites aura également des conséquences sans limites. Sans limites la perte de valeur des monnaies. Sans limites l’inflation à venir. Sans limite la perte de richesse et des placements. Dans un monde économique normal, il ne peut y avoir quoi que ce soit d’illimité. L’utilisation de ce mot est une erreur qui ne choque personne. Cette politique de l’illimité porte en elle les germes de la future crise monétaire à venir et de la reconfiguration du SMI (système monétaire international).

Une inflation pour le moment cachée. Pour le moment, les pressions déflationnistes sont suffisantes (ainsi que la créativité statistique) pour masquer l’inflation. Pour le moment, le chômage élevé interdit toute (ou presque) augmentation de salaire. Pour le moment, la mondialisation permet de maîtriser les coûts de production. Pour le moment, les gains de productivité liés à la robotique et à l’informatique permettent de limiter les masses salariales et le nombre de "travailleurs".

Lorsque l’on regarde les choses, rien n’indique que cette création monétaire massive va entraîner une hyperinflation. C’est exactement le pari des banques centrales à travers le monde. Mais il est un facteur qui est pour le moment totalement ignoré : c’est la psychologie des foules. Si l’inflation est l’augmentation généralisée du niveau des prix – ou dit autrement l’érosion du pouvoir d’achat d’une monnaie –, l’hyperinflation, quant à elle, est avant tout une perte de confiance généralisée des agents économiques dans une monnaie.

Le choc inflationniste qui nous attend a plus de chances de provenir de facteurs psychologiques et des relations internationales que des augmentations de salaires. La détermination de pays, de plus en plus nombreux, de s’affranchir des monnaies traditionnelles d’échange que sont le dollar ou l’euro montre bien cette volonté de reconfiguration de l’économie mondiale vers une situation multipolaire.

C’est le cas pour la Chine, la Russie, le Brésil et même le Japon qui annoncent tous des échanges bilatéraux de devises. Si l’économie est essentielle, les aspects politiques restent prépondérants. Mais il ne faut pas s’y tromper, le résultat sera identique.

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Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011. Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.

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