Les prix des billets d’avion pourraient augmenter de plus de 50%

Par Olivier Sancerre Modifié le 4 mai 2020 à 9h57
Transport Aerien Hausse Prix Billets 1
1,2 MILLIARDLe trafic passagers va se réduire de 1,2 milliard de voyageurs cette année.

Les compagnies aériennes sont parmi les secteurs les plus en danger dans la crise économique qui suivra l'épidémie de coronavirus. Comment faire respecter les règles de distanciation sociale dans les avions ?

La possibilité de neutraliser le siège central a été évoquée pour respecter la distance sociale entre les passagers. Mais cette solution n'est pas envisageable, à moins d'accepter une hausse substantielle des prix des billets, explique Alexandre Juniac, le président de l'association internationale du transport aérien (IATA) au micro de BFMTV. Il explique que les compagnies aériennes ne savent pas faire voler des avions remplis aux deux tiers tout en étant profitables. « Soit l'avion peut voler et on gagne un tout petit peu d'argent sur le vol, soit il ne peut pas voler… » avance-t-il. La solution, selon lui, est d'augmenter les prix des billets, « et c'est au minimum de 50%, ce n'est pas rien ». Les passagers accepteront-ils de payer beaucoup plus cher leurs voyages en avion ? Ce n'est absolument pas certain !

Aucun profit possible avec des avions pleins aux deux tiers

Vendre des billets à des prix beaucoup plus élevés pourrait mettre un coup d'arrêt à la démocratisation du transport aérien, qui a permis de baisser les prix, multiplier le nombre de destinations et augmenter le nombre de passagers. Le trafic aérien n'a cessé d'augmenter depuis dix ans. Les compagnies ont transporté 4,5 milliards de voyageurs l'an dernier, contre 2,5 milliards dix ans auparavant. Alexandre de Juniac plaide pour des mesures moins drastiques que la neutralisation du siège central. Selon lui, la transmission du virus à bord est déjà « très faible ».

Chute du trafic passagers

« Si les passagers portent tous des masques, si on désinfecte la cabine, si on distribue de la nourriture pré-emballée, si on demande aux passagers de ne pas prendre trop de bagages en cabine, ça peut limiter et pratiquement éradiquer le risque de transmission à bord », explique celui qui a aussi été le patron d'Air France. Il y a urgence à se décider : le trafic passagers devrait se contracter de plus d'un quart en 2020, ce qui représente 1,2 milliard de voyageurs en moins par rapport à 2019.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.