Renault veut monter en gamme

Par Olivier Sancerre Modifié le 11 septembre 2020 à 10h09
Renault Revolution Luca De Meo 2
15000Renault a prévu 15.000 suppressions de postes.

Luca de Meo, le nouveau directeur général de Renault, ne manque pas d'énergie. Il en faut plus pour secouer le constructeur automobile à la peine, et cela remonte avant la crise sanitaire.

Renault doit faire sa « RENAULuTion », écrit le DG du groupe dans un mémo publié par Les Echos. Une révolution qui passe d'abord et avant tout par la rentabilité : « Nos nouveaux modèles ne sont pas assez profitables », assène-t-il dans un style très direct. Pour y parvenir, il a à sa disposition plusieurs leviers. Le premier, c'est de renforcer le plan d'économies mis en œuvre par la précédente direction. Il doit permettre à l'entreprise de réaliser 2 milliards d'euros d'économies d'ici 2022, via notamment la suppression de 15.000 postes. « Il faudra peut-être aller plus loin que prévu », explique le directeur général pour qui ce plan est une « base », mais pas une fin en soi. Il faut donc s'attendre à une nouvelle coupe claire dans les effectifs.

Coupe dans les gammes

Mais ça ne suffira pas pour retrouver le chemin de la rentabilité. Luca de Meo annonce également sa volonté de réduire l'offre du constructeur automobile dans ses gammes et ses produits « d'environ 30% », mais pour autant pas question de perdre en volume et en couverture de segment. L'autre levier sur lequel le DG compte appuyer très fort, c'est sur la montée en gamme. Il a pour cela un exemple à suivre, celui du groupe PSA : « PSA était quasiment en faillite il y a cinq ans. L'entreprise est aujourd'hui une référence dans le secteur et en matière de rentabilité ». Dit autrement, Renault va chercher à faire « son » 3008… Quitte à envisager une hausse de 25 à 30% du prix de transaction moyen pour ce segment (celui des SUV).

Une gamme électrique abordable

Enfin, Luca de Meo a fait une annonce importante : la mise en chantier d'une gamme de véhicules électriques « emblématiques [et] rentables », dont le prix d'entrée est fixé à moins de 20.000 euros. Le tout « produit en France » ! Une manière de renforcer les positions, déjà enviables, de Renault sur un marché de l'électrique en plein boom. Ce projet est qualifié d'unique en Europe : « de nombreux concurrents vont nous [l']envier », assure-t-il. Quant à la transition entre les motorisations thermique et électrique, pas question pour lui de maintenir trop longtemps une « offre doublon » sur un même segment.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.

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