Livret A : les Français commencent à retirer leur argent pour le placer ailleurs

Par Olivier Sancerre Modifié le 23 juillet 2014 à 14h03

Il était le placement préféré des Français, celui des bons pères de famille soucieux d'épargner pour financer vacances ou voiture : le bon vieux Livret A ne fait plus recette.

Créé en 1818, le Livret A a longtemps servi à éponger la crise financière issue des guerres napoléoniennes. Cet outil d'épargne a ensuite permis aux populations le moins fortunées d'épargner. Libéralisé en 2009, toutes les banques ont pu proposer le placement à leurs clients, avec un certain succès étant donné les taux d'intérêt avantageux à une certaine époque (4% en 2008). Mais depuis, le placement a du plomb dans l'aile.

Livret A : Le taux d'intérêt en accusation

La baisse continue de son taux de rémunération, qui se rapproche de plus en plus d'une inflation de plus en plus faible, ne constitue plus une incitation à thésauriser son argent dans ce produit. En août, le taux ne sera plus que de 1%, soit 0,25 point de moins. Cette désaffection se lit dans les 130 millions d'euros que les Français ont prélevé dans leur Livret A rien qu'au mois de juin.

La collecte pique du nez

Déjà en mai, ils avaient puisé pas moins de 90 millions dans ce placement. Autant dire qu'avec une rémunération encore plus faible, le Livret A ne risque pas de revenir dans les bonnes grâces des épargnants ! À côté, le LDD (Livret de développement durable) affiche une collecte positive de 70 millions d'euros le mois dernier.
Cette baisse du taux d'intérêt pourrait donc être fatale au (plus si) sacro-saint Livret A, qui était passé de 1,75% à 1,25% en 2013, entraînant une défection progressive marquée. La collecte entre janvier et juin 2014 s'est montée à 3,76 milliards seulement, alors que durant la même période de l'an passé, elle était de 15,15 milliards. À l'époque, le relèvement du plafond maximum (22 950 euros) avait abouti à un « effet d'aubaine » qui a profité momentanément à la collecte; rien de tout cela cette année, et cela ne risque donc pas de s'arranger.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.

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