Les parlementaires dénoncent le « gâchis épouvantable » de la privatisation de la SNCM

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Par Jean-Baptiste Le Roux Publié le 12 décembre 2013 à 9h10

L'Etat aurait laissé des plumes dans cette affaire.

C'est du moins ce que déclare le rapport d'une commission d'enquête parlementaire lancée en juin, et qui publie aujourd'hui de sévères conclusions à l'encontre de l'action des pouvoirs publics et de Veolia dans le cadre de la privatisation de la SNCM.

SNCM : un gâchis épouvantable à mettre sur la note de l'Etat

"Un gâchis épouvantable". Les mots sont durs, mais les chiffres sont là. La privatisation de la SNCM entre 2005 et 2006 aurait fait perdre pas moins de 450 millions d'euros à l'Etat, sans résoudre aucune des difficultés auxquelles était confronté la compagnie maritime. Des conclusions que n'ont pas souhaité valider les députés UMP présents au sein de la commission. En effet, le dossier fut géré à l'époque sous le gouvernement Villepin, et le rapport pointe en l'occurrence une gestion désastreuse du dossier par les pouvoirs publics.


"L'Etat est en grande partie responsable de la situation. Il a attendu passivement que les difficultés de trésorerie deviennent insupportables ; la privatisation n'a même jamais été envisagée autrement que dans la précipitation" déclare à ce sujet le rapport. Outre le gouvernement de l'époque, Veolia, qui chapeautait à l'époque la SNCM, est également critiquée.

Veolia n'avait pas l'expérience nécessaire pour reprendre la SNCM

D'après la commission parlementaire ad hoc, Veolia "n'avait guère d'expérience, a voulu faire beaucoup de choses, et a finalement effroyablement mal géré" juge notamment le rapporteur de la commission, Paul Giacobbi. L'homme est un proche du dossier, en tant que président du Conseil exécutif de Corse. Tout cela laisse donc un bilan désastreux avec plus de 450 millions d'euros investis par l'Etat pour renflouer une société toujours au bord du dépôt de bilan.

Ironie de l'affaire, le fonds Capital Partner, partie dans l'affaire, a réalisé une plus-value de 60 millions d'euros en prenant notamment 38 % du capital lors de la privatisation de la SNCM, en 2006 et en revendant cette part à Veolia en 2008. Comme quoi l'affaire a profité à certains. Mais à quelques mois des municipales, rien n'est réglé pour la SNCM. Le dossier est donc explosif !

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Jean-Baptiste Le Roux est journaliste. Il travaille également pour Radio Notre Dame où il anime des matinales et l'émission Parole d'Evêque. Il a travaillé pour Jalons, Causeur et Valeurs Actuelles avec Basile de Koch avant de rejoindre Economie Matin, à sa création, en mai 2012. Il est diplômé de l'Institut européen de journalisme et membre de l'Association des Journalistes de Défense. 

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