Pour 2/3 des Français, François Hollande ne changera pas de politique en 2014

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Par Jean-Baptiste Le Roux Modifié le 9 janvier 2014 à 17h18

Le "changement" n'est donc pas pour aujourd'hui. Du moins les Français n'y croient pas. D'après le dernier sondage Tilder-LCI-OpinionWay, publié ce jeudi, plus de 60 % des sondés estiment que la politique du chef de l'Etat restera la même en 2014.

C’est donc la continuité sans le changement. En tout cas, c’est la lecture que font les Français de l’exercice de communication politique auquel s’est livré le Président de la République lors de ses vœux à la nation. Pour 66 % d'entre eux, cela ne va strictement rien changer. Parmi les sondés, 32 % d'entre eux croient encore, en revanche, au fameux changement.

Aucun virage dans la politique de François Hollande

Cette perception est en décalage avec celle véhiculée par les médias depuis 10 jours. Alors que le débat sur un prétendu virage agite les journalistes depuis le 31 décembre, il n’existe pas dans l’opinion : sur l’échiquier politique, les Français confirment François Hollande dans son positionnement d’origine, celui choisi notamment lors de la primaire socialiste avec un discours qui devait contrer sur sa gauche Martine Aubry et Arnaud Montebourg. En communication, cela veut dire que le Président de la République n’a pas besoin de s’encombrer d’une quelconque justification sur un revirement en matière économique. La cohérence est perçue comme telle et cela va simplifier l’exercice de sa conférence de presse de la semaine prochaine.

Les Français attendent que les entreprises mettent l'accent sur l'emploi

L'autre point du sondage portait sur les priorités futures des chefs d'entreprises, en contrepartie de l'allègement des charges promis par le chef de l'Etat. Et sans grande surprise, on remarque que plus d'un Français sur deux souhaite les voir privilégier l'emploi, par l'embauche de nouveaux salariés. En revanche, 18 % des sondés estiment que les patrons devraient en profiter pour augmenter les salaires. Un chiffre monté à 27 % chez les salariés interrogés sur la question. Enfin, 14 % des personnes interrogées estiment qu'il n'y a pas de contrepartie à demander aux chefs d'entreprises.

La pression est sur les épaules des entrepreneurs

Ce résultat est un atout pour François Hollande et le gouvernement. Atout dans le cadre de ses discussions avec le Medef et atout car les Français ont intégré la dimension prioritaire de la bataille pour l’emploi. Cela montre que la communication mono thématique sur ce sujet porte ses fruits dans l’opinion qui fait de cet enjeu la priorité du Pacte de responsabilité, avant même le pouvoir d’achat via l’augmentation des salaires. Dans la partie qui va s’engager avec la patronat, la pression est donc sur les épaules des entrepreneurs qui vont pouvoir, en cohérence avec ce que souhaitent les Français, développer leur discours d’engagement volontaire et volontariste en faveur de l’emploi.

Fiche technique :

Étude réalisée auprès d'un échantillon de 946 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. L'échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d'âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d'agglomération et de région de résidence. L'étude a été réalisée les 8 et 9 janvier 2014.

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Jean-Baptiste Le Roux est journaliste. Il travaille également pour Radio Notre Dame où il anime des matinales et l'émission Parole d'Evêque. Il a travaillé pour Jalons, Causeur et Valeurs Actuelles avec Basile de Koch avant de rejoindre Economie Matin, à sa création, en mai 2012. Il est diplômé de l'Institut européen de journalisme et membre de l'Association des Journalistes de Défense. 

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