Stellantis quitte l’association des constructeurs automobiles européens

Par Cédric Bonnefoy Modifié le 16 juin 2022 à 15h47

Annonce surprise du groupe Stellantis. Il indique quitter l’association des constructeurs automobiles européens. Une décision sur fond de crispation autour de la fin des moteurs thermiques à horizon 2035.

La fin des moteurs thermiques sème le trouble

L’annonce a fait l’effet d’une petite bombe dans le monde très fermé des constructeurs de voitures. Le deuxième plus important, celui né de la fusion entre Peugeot-Citroën et Fiat-Chrysler, Stellantis annonce son intention de quitter la très puissante association des constructeurs automobiles européens. Elle devrait être effective à la fin de l’année. Cette décision semble être une des conséquences de l’opposition de l’association à la fin des moteurs thermiques en 2035.

Actée par Bruxelles, cette interdiction soulève un lever de bouclier chez les plus importants constructeurs européens. L’association n’hésite pas à faire du lobbying auprès des instances européennes pour obtenir un sursis. Elle s’insurge surtout contre l’interdiction de tous les moteurs thermiques y compris des hybrides, à moitié électrique et thermique. Cette décision est jugée incompréhensible par l’association des constructeurs automobiles européens.

Stellantis annonce un forum autour de la mobilité électrique

Mais c’est bien cette divergence de points de vue entre Stellantis et l’association qui pourrait expliquer ce retrait surprise. Dans un communiqué, le groupe annonce par la même occasion la création d’un forum annuel. Le premier aura lieu l’année prochaine, en 2023. Autour d’experts, de politiques et de scientifiques, Stellantis espère « contribuer à la construction d’une mobilité durable » selon le directeur général, Carlos Tavares.

Cette prise de position reflète la stratégie de Stellantis. Depuis plusieurs années, le groupe prend de l’avance sur la prochaine révolution de l’automobile : le 100% électrique. Il travaille déjà sur des objectifs plus ambitieux que ceux fixés par Bruxelles, à savoir plus aucune vente de véhicule à moteur thermique à l’horizon 2030. Plusieurs concurrents du groupe ont décidé de faire pareil.

Cédric Bonnefoy est journaliste.