Près de quatre cancers sur dix diagnostiqués dans le monde pourraient être évités. Une vaste étude internationale, publiée début février dans Nature Medicine, met en lumière l’ampleur des leviers de prévention encore sous-exploités face à une maladie qui reste l’une des premières causes de mortalité mondiale.
Cancer : plus de prévention éviterait des millions de cas par an

Le 3 février 2026, à la veille de la Journée mondiale contre le cancer qui se tient ce 4 février 2026, une étude publiée dans Nature Medicine a relancé le débat sur la prévention du cancer. En s’appuyant sur des données mondiales exhaustives, les chercheurs montrent qu’une part massive de cette maladie est liée à des facteurs évitables, confirmant que le cancer n’est pas seulement une fatalité biologique mais aussi le reflet de choix collectifs en matière de santé publique.
Cancer et prévention : ce que révèle l’étude mondiale publiée dans Nature
Le cancer demeure un défi sanitaire majeur, mais l’étude parue dans Nature Medicine apporte un éclairage inédit sur la prévention. Les chercheurs ont analysé les données de 185 pays, portant sur 36 types de cancer et 30 facteurs de risque modifiables. Leur constat est sans appel : en 2022, 37,8 % des nouveaux cas de cancer, soit environ 7,1 millions sur 18,7 millions de diagnostics, étaient attribuables à des causes évitables.
Ce chiffre global masque toutefois de fortes disparités. Le cancer lié à des facteurs modifiables touche davantage les hommes que les femmes. L’étude estime que 45,4 % des cas masculins sont associés à ces risques, contre 29,7 % chez les femmes, toujours selon Nature Medicine. Ces écarts traduisent des expositions différentes aux causes du cancer, mais aussi des inégalités persistantes en matière de prévention et d’accès aux politiques de santé.
Tabac, infections et alcool en première ligne des causes de cancer évitables
Le cancer reste une maladie multifactorielle, mais l’étude identifie clairement les causes dominantes. À l’échelle mondiale, le tabac arrive en tête des facteurs de risque, responsable de 15,1 % des cas de cancer évitables, selon Nature Medicine. À lui seul, il serait à l’origine d’environ 3,3 millions de cas par an, d’après Le Monde. Cette donnée rappelle que la lutte contre le tabagisme demeure l’un des piliers de la prévention du cancer.
Les agents infectieux constituent le deuxième facteur majeur. Ils représentent 10,2 % des cancers évitables, soit environ 2,2 millions de cas annuels. Le communiqué conjoint de l’Organisation mondiale de la santé et du Centre international de recherche sur le cancer précise que certaines maladies infectieuses jouent un rôle central, notamment le papillomavirus humain dans le cancer du col de l’utérus ou Helicobacter pylori dans le cancer de l’estomac.
L’alcool complète ce trio de tête. Bien que souvent sous-estimé, il est associé à 3,2 % des cancers évitables, soit environ 700 000 cas par an, selon Nature Medicine. Cette donnée souligne que le cancer est aussi lié à des comportements sociaux profondément ancrés, rendant la prévention plus complexe que la simple information sanitaire.
Prévention et lutte contre le cancer : fortes disparités régionales
La prévention du cancer ne peut être uniforme. L’étude insiste sur des variations régionales marquées, tant en matière de causes que de poids du cancer évitable. Chez les hommes, la proportion de cancers attribuables à des facteurs modifiables varie de 28,1 % à 57,2 % selon les régions du monde, tandis que chez les femmes, cette fourchette s’étend de 24,6 % à 38,2 %, selon Nature Medicine.
Ces différences imposent des stratégies adaptées. « Une stratégie de prévention mondiale unique ne suffit pas. Chaque pays et chaque région doivent s’adapter aux priorités de prévention correspondant au profil spécifique des populations », a déclaré Isabelle Soerjomataram, responsable au CIRC. Le cancer, en tant que maladie, reflète ainsi les conditions environnementales, économiques et sociales propres à chaque territoire.
