Les impayés de loyers risquent d’exploser, la trêve hivernale prolongée

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 2 février 2021 à 5h14
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61%61% des moins de 35 ans tablent sur une hausse de leurs loyers.

La crise de la Covid-19, initialement sanitaire, se double d’une crise économique majeure dont les effets ont été relativement faibles en 2020, en particulier grâce à la mobilisation massive du gouvernement qui a distribué des milliards aux particuliers et aux entreprises. Mais la fondation Abbé Pierre s’inquiète : les impayés locatifs pourraient exploser dans les mois à venir.

Loyers impayés : « une bombe à retardement » pour la fondation Abbé Pierre

Alors que la Fondation Abbé Pierre, qui milite contre le mal-logement en France, publie mardi 2 février 2021 son 26e rapport annuel sur la question, la crise de la Covid-19 canalise les inquiétudes de l’association : les impayés locatifs. En pleine crise économique, la France ayant subi la pire récession de son histoire depuis la deuxième guerre mondiale, les loyers impayés sont une véritable « bombe à retardement » juge-t-elle.

Et la situation ne devrait pas s’améliorer : des milliers d’emplois sont menacés par les divers plans sociaux annoncés et à venir, dans tous les secteurs. Autant de situations qui, dans un avenir proche, pourraient conduire les locataires à ne plus pouvoir payer leurs loyers et donc à risquer l’expulsion.

La fin de la trêve hivernale repoussée de plusieurs mois ?

La situation ne semble pas inquiéter uniquement la fondation Abbé Pierre, mais également le gouvernement. Selon les informations de FranceInfo, ce dernier aurait dans les cartons un sursis pour les locataires en difficulté, qui ne fera que repousser une échéance difficile.

Le site dévoile en effet le 1er février 2021 qu’Emmanuelle Wargon, ministre déléguée chargée du Logement, prévoit un report du début des expulsions locatives en France. Les procédures devaient reprendre le 31 mars 2021, date de fin de la trêve hivernale. Mais la situation sanitaire et économique pousserait le gouvernement à la repousser au 1er juin 2021.

Une décision qui se justifierait par le nombre de procédures d’expulsion actuellement en cours : 30.000, selon les informations de FranceInfo, soit le double qu’en temps normal.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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