Uber et Lyft arrachent un délai pour ne pas requalifier le contrat de leurs chauffeurs

Par Olivier Sancerre Modifié le 24 août 2020 à 10h33
Uber Lyft Californie 2
80%Selon Lyft, 80% des chauffeurs perdraient leur travail avec la loi AB5.

La menace d'Uber et de Lyft de suspendre leurs services de VTC en Californie est temporairement levée. La justice a accordé un délai aux deux plateformes qui leur évite de requalifier le contrat de travail de leurs chauffeurs.

C'est vendredi dernier qu'Uber et Lyft auraient dû suspendre l'activité de leurs plateformes de réservation de véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) en Californie. Un coup dur non seulement pour les entreprises, mais aussi et surtout pour leurs chauffeurs qui se seraient retrouvés du jour au lendemain sans travail. La cour d'appel a accordé un délai jusqu'au procès, dont l'audience est programmée le 13 octobre. Sans ce sursis, les deux entreprises étaient tenues de requalifier le contrat de travail de leurs conducteurs, des travailleurs indépendants, en salariés. Un statut qui amène des protections supplémentaires pour ces derniers, mais qui représentent un coût beaucoup plus important pour les plateformes.

Un référendum contre la loi AB5

Depuis le 1er janvier, une nouvelle législation (la loi AB5) a été mise en place en Californie, qui force les entreprises à salarier la plupart des personnes qui travaillent en tant qu'indépendant. Uber et Lyft, deux des principales sociétés visées par la loi AB5, ne veulent pas en entendre parler, c'est la raison pour laquelle elles organisent un référendum en novembre. L'objectif du scrutin — la « proposition 22 » — est de mettre en œuvre un compromis améliorant les conditions sociales des chauffeurs, sans toutefois faire d'eux des salariés en bonne et due forme. Les plateformes dépensent des dizaines de millions de dollars pour faire entendre leur point de vue.

Délai au dernier moment

Le délai arraché à la dernière minute réjouit Lyft, ce qui va permettre à son service de se poursuivre sans interruption. Du côté d'Uber, même discours : « Nous sommes contents que la cour ait reconnu l'importance des questions soulevées dans cette affaire, et que ces services essentiels ne soient pas interrompus pendant que nous continuons de défendre la capacité des chauffeurs à travailler avec la liberté qu'ils veulent ». Les plateformes mettent en effet en avant le fait que leurs chauffeurs chercheraient avant tout la flexibilité et des horaires à la carte, plutôt qu'une situation stable.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.

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