Union européenne : Qualcomm devra payer près d’un milliard d’euros pour abus de position dominante

Par Olivier Sancerre Modifié le 24 janvier 2018 à 12h59
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997 MILLIONSBruxelles inflige une amende de 997 millions d'euros au fournisseur d'Appel pour abus de position dominante.

Qualcomm, qui fournit ses puces et ses processeurs à une bonne partie de l'industrie informatique, a été condamné ce mercredi 24 janvier par la Commission européenne. Le groupe américain écope d'une amende de près d'un milliard d'euros.

Qualcomm devra s'acquitter d'une amende fixée à 997 millions d'euros pour abus de position dominante. Un coup dur pour l'entreprise, qui a déjà fait l'objet d'une condamnation en octobre dernier : 770 millions de dollars infligés par les autorités taïwanaises pour atteinte à la concurrence et manipulation de prix. Bruxelles de son côté a lancé son enquête en juillet 2015 puis avait envoyé deux communications de griefs (l'équivalent d'actes d'accusation) huit mois plus tard. Qualcomm n'a pas su convaincre le régulateur européen du bien fondé de ses pratiques commerciales.

Qualcomm a évincé la concurrence

Margrethe Vestager, la Commissaire européenne à la Concurrence, n'a pas mâché ses mots : « Qualcomm a illégalement évincé ses concurrents », a-t-elle déclaré durant la conférence de presse. Dans le détail, le groupe a été reconnu coupable d'avoir versé « des milliards de dollars » à Apple afin que le constructeur de l'iPhone n'équipe pas ses produits de puces réseau autres que celles de Qualcomm. « Ces paiements n'étaient pas de simples réductions de prix, mais étaient effectués à la condition qu'Apple utilise exclusivement les puces de Qualcomm dans tous ses iPhones et ses iPads », précise la Commissaire.

La concurrence freinée

Depuis deux ans cependant, Apple panache les puces réseau au sein de ses smartphones en faisant appel à Qualcomm et à Intel, preuve que les choses ont commencé à bouger. Malgré tout, ces pratiques ont privé les consommateurs et les entreprises d'un meilleur choix et d'une innovation plus importante, selon la Commission européenne, alors que le secteur est justement caractérisé par un potentiel pour les technologies innovantes et une forte demande. Bruxelles a donc estimé que ces pratiques étaient illégales au regard des règles de l'Union concernant la concurrence.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.

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