« Hollande, les monnaies ne doivent plus être cotées ! »

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Par Charles Sannat Publié le 6 février 2013 à 12h39

Ce fût encore une belle journée en termes de richesse d’informations et je dois le dire, le Président de la République nous a franchement gâté aujourd’hui. Il faut dire qu’il était devant le Parlement Européen pour y tenir un discours passionnant ! L’essentiel du message du Président peut être résumé par le titre. Il a bien parlé de l’Europe mais globalement il n’a pas à son sens exprimé une vision différente ou en rupture totale avec le consensus mou européiste actuel. Plus d’Europe, une Europe qui doit avancer, une Europe qui doit aller vers plus d’Europe et de fédéralisme et encore une fois une Europe qui ne doit pas vraiment se discuter…

C’est ce dernier point qui me gêne fondamentalement. Comme je l’ai déjà exprimé, l’Europe doit pouvoir se discuter. Originellement, le projet européen était censé favoriser la paix entre les nations du vieux continent qui s’étaient déchirées dans des guerres fratricides depuis la nuit des temps. Autant le dire, sur ce point particulier l’Europe est un Grand succès, aidée il est vrai par la bombe atomique, mais l’Europe a jusqu’à maintenant su tenir sa promesse de nous garantir la paix. Ce n’est pas une mince réussite lorsque l’on contemple les 2 000 dernières années de notre histoire commune. Ceci étant posé l’Europe, notre Europe car je m’en sens comme, beaucoup de nos compatriotes, un dépositaire de cette idée qui est certainement l’une des plus belles constructions humaines jamais tentée, notre Europe donc disais-je ne peut pas vouloir apporter durablement la paix sans que les peuples ne puissent se saisir de ce sujet.

L’Europe pour qu’elle continue à grandir, ne peut qu’être discutée dans un cadre démocratique et populaire. L’Europe doit se faire pour les peuples et avec un double objectif, apporter la paix en protégeant les intérêts des peuples. Voilà quel devrait être le cadre de toute action européenne, de tout cadre de réflexion autour de l’Europe. Pour que notre Europe redevienne un grand succès elle doit s’articuler autour de ces deux grandes idées que sont la paix et les peuples. Notre Europe n’a pas besoin de plus, le problème étant qu’elle s’est complètement perdue dans les idéologies économiques, égarée dans les intérêts financiers, compromise dans les lobbyings de toutes sortes. Notre Europe a perdu tout simplement de vue son identité et c’est pour cette raison qu’elle court vers la catastrophe. Un échec de l’Europe sera redoutable pour les peuples européens, mais ceci n’est pas une raison pour ne pas discuter l’Europe, bien au contraire. Discuter l’Europe c’est lui garantir succès, pérennité et popularité.

De cette idée notre Président de la République n’est pas porteur. C’est même l’inverse. Il a défendu aujourd’hui mais comme hier, l’Europe des fonctionnaires et des eurocrates contre l’Europe des peuples. Il a défendu qu’il ne fallait pas débattre de l’Europe. Ce n’était évidemment pas dit de cette façon-là mais c’était sous-entendu, que le processus européen ne pouvait pas être interrompu, que les peuples n’avaient pas à interférer. Défendre cette conception de l’Europe c’est défendre une forme de despotisme éclairé profondément anti-démocratique. Une caste d’élus « illuminés » décide pour nous le pauvre peuple crétin, aveugle et débile… Vous l’aurez compris c’est le plus court chemin vers une forme de dictature fut-elle plus ou moins douce, avec plus ou moins de « goulag » et de « camps de redressements » ce qui n’est pas encore le cas.

Lorsqu’une structure politique oublie les peuples, cette structure finie par s’effondrer. De cet effondrement naît le chaos. Or l’histoire nous montre très bien ce qu’il advient sur notre vieux continent lorsque celui-ci se trouve confronté au chaos.

Il y a un point un peu plus économique dans le discours de François Hollande sur lequel je souhaitai revenir.

Hollande: l’euro « ne peut fluctuer selon les humeurs du marché »

L’un des sujets à la mode ces derniers temps, et nous en parlions hier, est bien sur la force de l’Euro. Notre euro est trop fort, trop cher, et il déstabilise notre industrie qui est moins compétitive par rapport aux pays ayant leur propre monnaie.

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Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011. Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.

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