Nucléaire : 3,2 milliards d’investissement débloqués pour les EPR2 de Gravelines

Le gouvernement a autorisé par décret le 22 août 2026 les travaux préparatoires des deux réacteurs nucléaires EPR2 à Gravelines. Cette première étape ouvre la voie à des investissements de plusieurs centaines de millions d’euros avant la décision finale attendue fin 2026.

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By Cédric Bonnefoy Published on 24 août 2026 8h27
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Nucléaire : 3,2 milliards d’investissement débloqués pour les EPR2 de Gravelines - © Economie Matin

Le gouvernement français a franchi une étape majeure dans sa stratégie nucléaire en autorisant, par décret du 22 août 2026, les travaux préparatoires des deux réacteurs EPR2 à Gravelines. Cette autorisation environnementale ouvre la voie aux premiers investissements et à la viabilisation des sites, dans un calendrier visant une décision d'investissement définitive avant la fin de l'année. Pour l'industrie dunkerquoise et le territoire des Hauts-de-France, l'enjeu dépasse le cadre énergétique : il s'agit d'une opportunité économique structurante.

Un feu vert gouvernemental pour débloquer les investissements

Le décret du 22 août : une autorisation progressive et encadrée

Publié au Journal officiel le 22 août 2026, le décret signé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut et le ministre de la Ville Vincent Jeanbrun autorise EDF à engager les premières opérations sur le site de Gravelines. Comme le précise l'énergéticien, le texte permet de préparer le site à l'accueil du futur chantier, mais ne constitue pas l'autorisation de création des réacteurs. Aucune construction de bâtiments nucléaires ne peut débuter à ce stade. L'autorisation environnementale encadre strictement les interventions : viabilisation des plateformes, terrassements, relocalisation du terminal ferroviaire existant et création d'une enceinte étanche. Cette approche progressive permet de sécuriser les premières dépenses tout en respectant les procédures de sûreté nucléaire.

Travaux préparatoires : les premières dépenses engagées

Les opérations autorisées représentent plusieurs centaines de millions d'euros d'investissements initiaux. La viabilisation des sites nécessite des aménagements lourds : relocalisation d'infrastructures ferroviaires, préparation des plateformes destinées à accueillir les futurs réacteurs, gestion de la faune et de la flore locales. Un nouveau centre d'information du public sera également créé. EDF peut désormais mobiliser ses équipes et ses prestataires pour lancer ces chantiers, condition indispensable pour tenir le calendrier fixé par l'exécutif. La centrale de Gravelines compte déjà six réacteurs de 900 MW, dont trois ont été provisoirement arrêtés cet été en raison d'un afflux massif de méduses. Les nouveaux réacteurs de 1.600 MW chacun doubleront quasiment la capacité installée sur le site.

Enjeux économiques et retombées territoriales

Dunkerque et les Hauts-de-France : une décarbonation porteuse d'emplois

Le projet revêt une dimension stratégique pour le territoire dunkerquois, dont l'industrie reste largement dépendante des énergies fossiles. L'arrivée de 3.200 MW de capacité nucléaire supplémentaire (deux réacteurs de 1.600 MW) constitue un levier de décarbonation majeur pour les acteurs industriels locaux. Les retombées économiques attendues concernent l'ensemble de la chaîne de valeur : construction, maintenance, exploitation, services associés. Les premières estimations tablent sur plusieurs milliers d'emplois directs et indirects pendant la phase de chantier, puis des centaines d'emplois pérennes lors de la mise en exploitation. Pour une région marquée par les mutations industrielles, l'implantation de ces réacteurs de nouvelle génération représente une opportunité de diversification économique. D'autres pays européens misent également sur le nucléaire pour sécuriser leur approvisionnement énergétique face aux aléas climatiques.

Calendrier d'investissement : décision finale avant fin 2026

La décision finale d'investissement pour l'ensemble des six réacteurs EPR2 du programme gouvernemental doit intervenir avant la fin 2026. L'autorisation accordée à Gravelines permet de préparer le terrain en amont, réduisant ainsi les délais entre la décision d'investissement et le démarrage effectif des chantiers. Le calendrier prévoit une mise en service de la première paire de réacteurs EPR2, située à Penly en Normandie, à l'horizon 2038. Les réacteurs de Gravelines suivront dans les années suivantes. Ce phasage étale les besoins financiers et permet de capitaliser sur les retours d'expérience des premiers chantiers. L'enveloppe globale du programme atteint plusieurs dizaines de milliards d'euros, dont une part significative sera consacrée aux infrastructures et aux équipements industriels. Le contexte énergétique européen renforce l'urgence de ces investissements.

Cedric.bonnefoy

Cédric Bonnefoy est journaliste en local à la radio. À côté, il collabore depuis 2022 avec Économie Matin.

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